CHAPITRE XXXV. [i.e., xxxiv.]
[303 i.e., 305] QUEL PROFIT A ESTÉ FAICT QUANT À LA RELIGION CHRESTIENNE EN LA NOUUELLE FRANCE.
MAINTENANT quelqu'vn ayant ouy tout nostre recit à bon droict nous dira: Or sus, voila beaucoup de trauaux, que vous nous auez conté, plusieurs entreprinses loüables, & diuers accidents bien sauuages; Mais quoy? Est-ce là tout le profit quant à l'auancement du culte de Dieu? N'auez-vous couru que pour ainsi vous lasser? despendu que pour consumer, paty sinon pour encores par dessus en estre diffamez en France? Car si Canada ne rend point autre reuenu, nous vous dirons, qu'aucun, s'il n'est fol, ne trauaille pour seulement patir; [304 i.e., 306] & ne despend pour seulemẽt s'espuiser. Ains a tres-biẽ dit le sainct Apostre, Que, qui laboure, c'est en esperance de recueillir du fruict. Quel fruict doncques nous apportez-vous de vos trauaux.