Le septiesme chappitre

Se tu penses que feras et com fus

Ante ortum et après naissement

Jusqu'a ta fin te trouveras confus

Tant y verras grant esbaïssement

Se tu du tout metz en ton pensement

Comme après mort seras et deviendras

Pour povre et vil tousjours tu te tiendras

Une aultre chose encore a penser as

Quod non pensas necque pensavisti

C'est q'ung temps fut in quo tu non eras

Et postea in hoc mundo tristi

Ou maternel ventre fait fuisti

De matiere orde et cum putredine

Menstruali nutritus sanguine

Et en ce ventre ou tant vil habitoies

Ante ortum d'une orde peau qu'on nomme

Secundina envelopé estoies

La quelle peau vest au ventre tout homme

Qui vient d'adam qui mordit en la pomme

Ainsi pour vray vestu et aourné

Vins en ce monde en pleurs et paour né

Nec memores quomodo sit vilis

Ta naissance miserable et fragile

Et ta nature abhominabilis

Homme mortel meschant homme et debile

Mais que te vault estre expert et abile

Ne ton angin ne ta subtillité

Quant rien ne vient a fruit ne utillité

Rien ne te vault l'entendement parfont

Raison aussi ne le doit pas permettre

Car vraiement quatre choses te font

Frater quid es du tout en oubli mettre

Comme escript est cy dessoubz en beau mettre

C'est assavoir forma mundi favor

Opes atque juvenilis fervor

Hec quatuor de toy abstulerunt

La congnoissance ibi totaliter

Et de ton cueur les yeulx velaverunt

Et clauserunt etiam taliter

Que tu ne peus les choses firmiter

Suspicere qui sont celestielles

Tant est fiché aux choses temporelles

Quid est homo ex parte corporis

Vis tu ferre saint bernard nous afferme

Dicens homo est saccus stercoris

Viande a vers tresord et puant sperme

Conceu et fait de matiere et de germe

En tenebres au ventre de la mere

Dont la naissance est a la mere amere

Pour quoy est l'omme orgueilleux et pervers

Pour quoy monte homme en exaltation

Vita labor et tribulation

Nasci pena et mori necessaire

Puisque orgueil est a son ame adversaire

Homme orguilleux pour quoy te devestu

D'umilité qui tant est gracieuse

Cur impugnas pour quoy aussi ves tu

Ta chair pouldre de chose precieuse

Pour quoy mets tu chose delicieuse

Sur ta chair cendre en delictz trop nourrie

Puis qu'en terre sera bien tost pourrie