Aulcuns Autheurs modernes illustrateurs de leur langue, tant en Italien, qu'en françoys.
Quant aux modernes, semblable chose que moy a faict Leonard Aretin, Sannazare, Petrarcque, Bembe (ceulx là Italiens) & en France Budée, Fabri, Bouille, & maistre Jacques Silvius. Doncques non sans l'exemple de plusieurs excellents personnages j'entreprends ce labeur. Lequel (Seigneur plein de bon jugement) tu recepvras non comme parfaict en la demonstration de nostre langue, mais seulement comme ung commencement d'ycelle. Car je sçay, que quand on voulut reduire la langue Grecque, & Latine en art, cela ne fut absolu par ung homme, mais par plusieurs. Ce qui se faira pareillement en la langue Françoyse: & peu à peu par le moyen, & travail des gens doctes elle pourra estre reduicte en telle parfection, que les langues dessusdictes. A ceste cause (seigneur tout humain) je te requiers de prendre ce mien labeur en gré: & s'il ne reforme totallement nostre langue, pour le moins pense, que c'est commencement, qui pourra parvenir à fin telle, que les estrangiers ne nous appelleront plus Barbares. Te soubvienne aussi en cest endroit, qu'il est bien difficille qu'une chose soit inventée, & parfaicte tout à un coup. Parquoy tu te doibs contenter de mon invention, & en attendre ou par moy, ou par aultres la parfection avecq' le temps. Joinct aussi, qu'en choses grandes, & difficilles le vouloir doibt estre assés. Je laisse ce propos, & te veulx dire ce, qui m'a esmeu de te dedier ce Livre.