Claude Cæsar.
Parquoy l'advis de Claude Cæsar n'estoit pas sans rayson, qui voulut qu'on usa d'une autre figure de letre pour u, consonante en inventant une [f], renversée: qui toutesfois ne fut pas receue. A la verité aussi est ce chose bien dificile de faire recevoir à ung peuple une nouvelle façon de faire tant soit elle juste, raysonnable, & à son advantage. Et pourtant quiconque se mesle de faire telles remonstrances, se doit contenter d'avoir fait son devoir envers les homes, de tant qu'il sent son entreprinse bonne & fondée en rayson: sans au demourant craindre les moqueries & blasmes ausquelz finablement l'ignorance forcée a son recours. Il nous reste encores à depescher l'y grec, le quel semble estre superflu en nostre langue: d'autant que l'i, est suffisant. Il est vray que les Latins en usent tant seulement es vocables tyrez des Grez, es quelz il se rencontre, comme en syllaba, lychnus, lycaon, & aultres innumerables: combien qu'il n'est pas vray semblable, qu'ilz l'ayent prononcé anciennement en i. Or quant à nous ce nous seroit une grand peine de chercher en nostre langue les vocables Grecz qui le requierent, d'autant que chascun en use à son bon gré pour i, & sans faire tort à l'escriture.