CXXXII

LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du IVe jour d'octobre 1572.—

Danger qu'il y aurait pour Catherine de Médicis d'accepter une entrevue en Angleterre.

Monsieur de La Mothe, nous avons aujourdhuy receu vostre dépesche du XXIXe du passé, et quelques jours auparavant, j'avois eu celle du XVIIIe[138], à laquelle il n'eschet aucune responce, n'estant que responsive à mes précédantes dépesches; et aussi d'autant que, par ma dernière, vous avés esté à plein satisfaict sur les poincts desquels vous désirés estre esclaircy par celle qui vous est faicte présentement, il ne vous sera poinct respondu au contenu de la vostre, du dict XXIXe, d'autant qu'elle vous est faicte un peu en haste, afin de vous envoyer promptement le saufconduict qu'il est besoin estre bientost par delà. Ce qui me gardera d'estandre ceste cy plus avant, sinon de vous dire, en passant, qu'il semble, par la responce que vous a faicte la Royne d'Angleterre touschant nostre entrevue, que nous en sommes assés esloignés; car, de passer à Douvres, je pense qu'il n'y a guière de personnes qui me le conseillassent au temps où nous sommes, et parmi le regret, que monstre porter en son cœur ma dicte bonne sœur, des choses qui sont advenues le XXIVe du mois d'aoust passé, qui est tout ce que je vous dirai en ce lieu, que je prierai Dieu, etc.

Escript à Paris, le IVe jour d'octobre 1572.

CATERINE. BRULART.