CXXXIII
LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(Escripte de la main de Monseigneur le Duc.)
du VIIIe jour d'octobre 1572.—
Protestation de dévouement à la reine d'Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, vous ne sçauriés faire chose qui me soit plus agréable que de faire tousjours cognoistre à la Royne d'Angleterre l'entière amitié et sincère affection que je luy porte; car, comme elle est si parfaicte en son endroict qu'elle peut dire avoir maintenant beaucoup plus de puissance sur moy et en pouvoir mieux disposer que moy mesmes, qui me suis desdié à la servir et luy en obéir de tout mon cœur, aussy desirè je bien qu'elle en cognoisse et s'en persuade quelque chose. Et me sera tousjours grand contantement, bien qu'il soit mal aisé de luy fère par les parolles une assés vive expression et telle qu'elle soit pour correspondre à ma vraye affection de penser qu'elle en croye, pour le moingz, une partie, et demeure persuadée qu'il n'y aura jamais prince en la Chrestienté, qui soit plus à son commandement, et duquel elle puisse si librement disposer qu'elle faira tousjours de moy; qui prie Dieu, etc.
Escript à Paris, le VIIIe jour d'octobre 1572.
Vostre bon amy.
FRANÇOIS.