LXVIII
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
du VIe jour de novembre 1570.—
Assurance donnée à l'ambassadeur qu'il n'a rien à craindre des faux rapports qui peuvent être faits contre lui.
Monsieur de La Mothe Fénélon, par la lettre du Roy, Monsieur mon fils, vous serés si amplement satisfaict à vos deux dernières despesches, des XXVe et XXXe du moys passé, qu'il n'est besoin de vous en dire davantage, si n'est que nous sçavons très bien que vous vous estes toujours porté pour les affaires de ma fille, la Royne d'Escosse, avec la bonne et grande affection que vous sçavés que nous avons de l'assister et secourir, et ne nous sçauroit on rien persuader de vous, et n'en ayés peur, qui nous altère la bonne opinion que nous avons du bon debvoir que nous sçavons que vous y avés tousjours faict, et faictes encores, vous renvoyant pour ceste occasion les lettres qu'elle vous a escriptes et aussy celles que l'évesque de Glasco, son ambassadeur, qui est ici, escrivoit à l'évesque de Ross; lesquelles j'ay faict voir au Roy, Mon dict Sieur et fils, et à mon fils le Duc d'Anjou, qui ont bien jugé par icelles, comme aussy ay je faict, principallement par celle du dict ambassadeur, ce que m'avés escript venir de luy et non pas de vous. Mais je croy que delà l'on n'a pas, ceste opinion, puisque la Royne d'Angleterre vous a donné, pour la dicte Royne d'Escosse ma fille, la bonne espérance que vous nous escrivés par vos dictes deux dernières despesches, sur lesquelles il ne me reste plus rien à vous dire. Sur ce, etc.
Escript à Paris, le VIe jour de novembre 1570.
CATERINE. PINART.