XCVI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
du XXVIIe jour de septembre 1571.—
Opinion de Catherine de Médicis que le projet de marier le prince de Navarre en Angleterre est abandonné, et que son mariage avec Madame sera prochainement conclu.—Satisfaction qu'elle éprouve de la conduite de Coligni, et du dévouement qu'il montre pour le service du roi.
Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'adjousteray aultre chose à la lettre que le Roy, Monsieur mon filz, vous escript, que pour vous dire seullement, quand à ce que m'escrivés par vostre lettre du XIIe, «que vous ne vous pouvès poinct apercevoir qu'il se tienne aulcun propos, par delà, de mariage de ma dicte bonne sœur, aultre que celluy qui est ouvertement en termes», je croy que la chose se trouvera ainsi; car, du costé dont nous avons quelque doubte, je tiens les choses tant avancées, pour le regard du mariage de ma fille, que, quand l'on y auroit pensé cy devant, cella seroit à ceste heure délaissé, vous voullant bien dire que, tant s'en fault qu'il y ait nouvelle conspiration de ceux de la Rochelle avec ceux du prince d'Orange pour courir sus aux subjects du Roy, Monsieur mon filz, qu'au contraire mon cousin l'Admiral est, ici, avec nous, qui ne desire rien plus que d'ayder en tout ce qu'il peust à empescher les pyrateries qui se font en la mer par meschantes gens qui n'ont aulcun adveu de ceux de la dicte Rochelle, comme aussy à s'employer en toutes aultres choses concernant le bien du servisse du Roy, Mon dict Sieur et filz, comme son fidelle subject. Sur ce, etc.
Escript à Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571.
CATERINE. BRULART.