I. Étude de mots

la colère, the anger. le coup de poing, the punch. le jeu, the game, the play. la lâcheté, the cowardly act. le poignet, the wrist. le soufflet, the slap. le vieillard, the old man. appeler, to call. entraîner, to drag away or along. exprimer, to express. pousser, to push. serrer, to hold tight. ainsi, in this way, thus. à moitié, half. aussitôt, immediately. autour de, around. aveuglé, ~e, blinded. en arrière, back. en face, face to face. même, even.

II. Arrêté

La foule était nombreuse autour de la corde et toute disposée à rire aux dépens de la police. L'agent arriva bientôt. Joli-Cœur l'aperçut le premier et aussitôt, rejetant sa tête en arrière, prit la pose menaçante de l'agent. Le public éclata de rire. L'agent lança à Remi des regards furieux, et cela redoubla l'hilarité du public.

Un peu déconcerté par cette attitude du public, l'agent marche tout le long de la corde; Joli-Cœur, ne comprenant pas la gravité de la situation, marche comme lui. Pour terminer cette scène dangereuse, Remi appelle le singe, essaye même de l'attraper, mais le singe, qui n'est pas en disposition d'obéissance, continue le jeu qui l'amuse en courant.

Alors l'agent, aveuglé par la colère, pensant qu'on excitait le singe, enjamba la corde et donna au petit Remi un soufflet qui le renversa à moitié. Lorsque le garçon rouvrit les yeux, Vitalis était placé entre lui et l'agent qu'il tenait par le poignet.

—Je vous défends de frapper cet enfant, dit-il; ce que vous avez fait est une lâcheté.

L'agent voulut dégager sa main, mais Vitalis serra la sienne.

L'agent était fou de colère. Vitalis était magnifique de noblesse avec sa belle tête encadrée de cheveux blancs et son visage exprimant l'indignation et le commandement.

D'un mouvement vigoureux, l'agent dégagea sa main, empoigna le vieillard par le collet et le poussa devant lui avec brutalité.

—Que voulez-vous? demanda Vitalis en donnant un bon coup de poing à l'agent.

—Je vous arrête, dit l'agent, suivez-moi au poste.

—Pourquoi avez-vous frappé cet enfant?

—Pas de paroles, suivez-moi!

Vitalis ne répondit pas, mais il dit à Remi:

—Rentre à l'auberge avec les chiens.

Et l'agent l'entraîna.

Le premier mouvement des chiens avait été de suivre leur maître, mais Remi leur ordonna de rester près de lui. Les chiens étaient muselés, mais ils avaient des muselières de théâtre; ils portaient simplement une faveur en soie nouée autour de leur museau; pour Capi, qui était blanc, la faveur était rouge; pour Zerbino, qui était noir, la faveur était blanche, pour Dolce, qui était grise, la faveur était bleue. Vitalis avait ainsi costumé les chiens pour la farce qu'il voulait jouer à l'agent.

Remi rentra à l'auberge fort affligé et très inquiet.