II. Bordeaux

Après Ussel, les artistes visitèrent les petites villes et les gros villages d'une partie du midi de la France. Leur façon de voyager était très simple: ils allaient droit devant eux, au hasard. Ils passaient un jour dans les villages, plusieurs jours dans les villes.

Vitalis, qui était toujours bon, apprit à Remi à lire, à écrire, à jouer de la harpe.

Un jour, arrivés au sommet d'une colline, ils aperçurent une ville immense et une grande rivière.

—Cette ville que tu vois, dit Vitalis, est la ville de Bordeaux; cette grande rivière que tu vois est la Garonne. Les beaux navires qui la couvrent sont une nouveauté pour toi; regarde bien.

Et Remi restait immobile, regardant devant lui ce spectacle féerique.

—Bordeaux est une grande ville, ajouta Vitalis; en changeant de quartier, nous pouvons donner trois ou quatre représentations par jour.

Nos comédiens passèrent trois semaines à Bordeaux et jouèrent toutes les pièces de leur répertoire: Le Domestique de M. Joli-Cœur, La Mort du général, Le Triomphe du juste et trois autres comédies. Le public, qui était toujours intéressé, payait généreusement.

De Bordeaux ils allèrent encore plus loin dans le midi, et, après plusieurs jours de marche, ils arrivèrent à Pau. Dans cette ville, qui est au pied des Pyrénées, le vent ne souffle presque jamais.