II. Joli-Cœur
—N'admirez-vous pas, dit Vitalis, l'intelligence de mes élèves? Seulement, l'intelligence des bêtes est appréciée à toute sa valeur par la comparaison. Devinez-vous maintenant pourquoi je désire engager le petit Remi dans ma troupe? S'il joue le rôle d'une personne stupide, l'esprit de mes élèves est tout de suite mieux apprécié. Pour jouer le rôle d'une personne stupide, il faut être intelligent, et Remi a l'air intelligent. Au lieu de travailler dans une ferme, il voyagera avec moi dans ce beau pays de France et dans dix autres pays.
Joli-Cœur, pendant cette conversation, monte sur la table, prend le verre plein de vin de son maître et le vide tranquillement. Capi jappe fortement pour attirer l'attention du maître sur cette friponnerie du singe, et Vitalis condamne Joli-Cœur à rester dans un coin de la salle, le nez tourné contre la muraille.
—Capi, dit Vitalis, vous êtes un bon chien; donnez-moi la patte. Maintenant, monsieur Barberin, continuons notre entretien.