II. La maladie
Avant d'arriver à Paris, Vitalis expliqua ses plans à Remi.
—Nous donnerons d'abord quelques représentations avec Capi; nous gagnerons assez d'argent pour nous permettre de vivre. Après cela, je donnerai des leçons de violon, et toi, tu étudieras la musique et le chant chez un de mes amis.
Et ce programme fut exécuté très exactement. Vitalis donna des leçons de violon; Remi étudia la musique et le chant avec un maître italien, appelé Garofoli. Seulement, Vitalis ne gagnait pas autant d'argent qu'il avait espéré, et, un soir du mois de février, la misère l'obligea à quitter la ville.
—Où allons-nous? demanda Remi.
—À Gentilly, pas loin d'ici. Nous trouverons une carrière où j'ai couché autrefois.
Vitalis marchait courbé en deux; malgré le froid, sa main brûlait.
—Vous êtes malade? lui demanda Remi.
—Je le crains; en tout cas, je suis fatigué. Les marches de cet hiver ont été trop longues pour mon âge, et le froid est trop rude pour mon vieux sang. Combien de jours vivrai-je encore? Je ne sais pas.
Le vent soufflait avec violence. Ils marchèrent plus d'une heure dans l'obscurité.
—Il faut prendre un peu de repos, dit Vitalis; je suis épuisé.
Et il se coucha contre la porte d'un jardin, sur un tas de paille.
—Place-toi contre moi, dit-il à Remi, et mets Capi sur toi; il te passera un peu de sa chaleur.