II. La neige
La troupe voyagea sans accident à travers une bonne partie de la France, passant par Montpellier, Nîmes, Avignon, Lyon, Dijon. Après avoir quitté Dijon, ils traversèrent les collines de la Côte d'Or où le froid était excessif. Joli-Cœur, que son maître portait sous sa veste, était plus triste que les autres.
Le but de Vitalis était de gagner Paris, car à Paris seulement ils avaient la chance de donner quelques représentations pendant l'hiver, avec de meilleures recettes que dans les petites villes.
Château des papes, à Avignon
Entre Châtillon et Troyes le pays qu'ils traversaient était d'une tristesse lugubre que le silence augmentait encore. Personne sur la route, personne dans les champs, pas un bruit de voiture, pas un coup de fouet.
Bientôt quelques flocons de neige, larges comme des papillons, passèrent devant leurs yeux; ils montaient, ils descendaient, tourbillonnaient sans toucher la terre.
Une tempête de vent et de pluie est mauvaise; une tempête de neige est encore pire.
Bientôt la neige ne tomba plus comme des papillons; elle tomba serrée et les enveloppa de tous côtés.
—Si la neige continue, nous chercherons un abri dans la première maison que nous rencontrerons.
La neige continua; la neige augmenta.