II. L'aubergiste

Le lendemain, le petit garçon alla au tribunal pour entendre la sentence.

Le juge condamna Vitalis à deux mois de prison et à cent francs d'amende pour avoir frappé un agent de police.

Deux mois de prison! Deux mois de séparation!

Quand Remi rentra à l'auberge, le cœur gros, les yeux rouges, il trouva l'aubergiste à la porte.

—Eh bien, lui dit-il, ton maître?

—Il est condamné.

—À combien?

—À deux mois de prison.

—Et à combien d'amende?

—Cent francs.

—Et que veux-tu faire pendant ces deux mois?

—Je ne sais pas, monsieur.

—Ah! tu ne sais pas. Tu as de l'argent pour vivre et pour nourrir tes bêtes?

—Non, monsieur, je n'ai pas d'argent.

—Alors, mon garçon, il faut quitter cette auberge.

—Quitter cette auberge! Où irai-je?

—Ce n'est pas mon affaire. Je ne suis pas ton père; je ne suis pas ton maître; je n'ai pas de pain pour toi et tes bêtes. Tu laisseras ici le sac de ton maître. Quand il sortira de prison, il passera par ici pour régler son compte et je lui donnerai son sac. Maintenant, va gagner ta vie dans les villages des environs. Tu auras de bonnes recettes, et si tu reviens dans deux mois, tu retrouveras ton maître.

Le petit garçon alla à l'écurie et, après avoir détaché les chiens et Joli-Cœur, après avoir bouclé son sac et passé sur son épaule la bretelle de sa harpe, il sortit de l'auberge.