II. Le bal

Ils allaient devant eux, donnant des représentations dans toutes les villes, dans tous les villages qu'ils traversaient.

Un jour ils aperçurent dans la cour d'une ferme des hommes et des femmes endimanchés; les hommes portaient des bouquets à la boutonnière; les femmes avaient des bouquets à leur corsage; c'était une noce.

Remi entra dans la cour, son chapeau à la main, et demanda s'ils ne désiraient pas avoir des musiciens pour les faire danser.

—Oui, oui, la musique, la musique! crièrent des voix d'hommes et de femmes.

—En place pour le quadrille!

Les musiciens montèrent sur une charrette, et le bal commença.

Quelques moments après, un gros homme apporta un cornet à piston.

—Un de vous sait-il jouer du cornet à piston? demanda-t-il.

—Oui, moi, dit Mattia.

—Eh bien! voilà un cornet à piston, jouez. Le violon c'est joli, mais il ne fait pas assez de bruit.

La recette fut bonne ce jour-là; vingt-huit francs, une fortune pour nos pauvres musiciens. Et les gens de la noce les invitèrent à dîner. Comme la nuit était arrivée, le fermier les invita à la passer dans sa grange.

Le lendemain, ils quittèrent cette maison hospitalière avec plus de courage et plus de confiance dans l'avenir.

Chaque fois qu'ils traversaient une rivière ou un canal, Remi pensait à madame Milligan, au petit Arthur, et il cherchait des yeux le bateau de plaisance, nommé le Cygne.

Il pensait aussi à mère Barberin, le bon Remi.