II. Le premier repas

—Le singe! Le singe! cria Arthur.

Et il caressa le singe avec un plaisir manifeste.

—Vous avez un père sans doute, mon enfant? demanda la dame à Remi.

—Non, j'ai un maître, mais je suis seul en ce moment.

—Pour longtemps?

—Pour deux mois.

—Deux mois! Oh! mon pauvre petit! Comment! Seul ainsi pour si longtemps à votre âge?

—Oui, madame, répondit Remi d'un ton malheureux.

—Votre maître vous oblige sans doute à lui rapporter une somme d'argent au bout de ces deux mois?

—Non, madame, il ne m'oblige à rien. Si je gagne un peu d'argent pour vivre, il sera content et ma troupe ne sera pas malheureuse.

—Et avez-vous gagné de l'argent jusqu'à ce jour?

La dame parlait avec tant de bonté, sa voix était si tendre, son regard était si affable, que Remi lui dit toute la vérité. Il parla de mère Barberin. Il raconta pourquoi Vitalis avait été condamné à la prison, et comment il lui avait été impossible de gagner un sou depuis son départ de Toulouse.

—Mais alors, cria Arthur, vous avez bien faim! Oh! maman!...

La dame dit quelques mots à une domestique, et la domestique un moment après apporta une petite table servie.

Et Remi et sa troupe firent leur premier repas.