II. L'hôtel des Alpes

Un jour Remi bondit de joie en apercevant dans un jardin une dame qui ressemblait à madame Milligan. C'était madame Milligan. Il courut à elle et lui baisa la main, mais madame Milligan le prit dans ses bras et l'embrassa tendrement.

—Pauvre enfant! dit-elle.

Et de ses beaux doigts blancs et doux, elle écarta les cheveux de Remi pour le regarder longuement.

—Oui..., oui..., murmura-t-elle.

Ces paroles répondaient assurément à sa pensée intérieure, mais dans son émotion Remi était incapable de comprendre cette pensée.

—Quel est ce jeune garçon qui t'accompagne?

—C'est Mattia, mon camarade, mon frère que j'ai rencontré en France, à Paris.

Madame Milligan tendit la main à Mattia, et caressa Capi qui sautait de joie devant elle.

—Mon enfant, dit madame Milligan à Remi, c'est la Providence qui t'envoie. J'ai reçu hier une lettre qui contient des choses graves; j'ai besoin de réfléchir et de consulter des personnes capables de me guider. Tu ne peux pas encore voir Arthur; il faut attendre quelques jours. Vous allez abandonner, toi et ton jeune ami, votre misérable existence. Une personne de ma maison vous accompagnera à l'hôtel des Alpes, où vous resterez, où vous attendrez ma visite.

Et elle embrassa Remi et donna la main à Mattia.

Un domestique mena les deux garçons à l'hôtel des Alpes. On les installa dans une belle chambre et on leur servit un excellent dîner.

Le lendemain, madame Milligan leur acheta des habits et du linge. Elle continua ses visites pendant quatre jours, et chaque fois elle était plus affectueuse et plus tendre pour Remi.