II. Retour de Capi
À ce moment, la petite fille prit la main de Remi et lui montra sa harpe.
—Vous voulez que je joue? demanda Remi.
—Oui, dit le père, joue quelque chose.
Et Remi, malgré la tristesse de son cœur, joua une valse.
—Ma fille est heureuse de t'entendre jouer. Écoute, Remi, si tu veux rester, tu travailleras, tu vivras avec nous. Ce n'est pas la fortune que je te propose, ni la fainéantise. Si tu acceptes, tu travailleras sans doute, mais tu ne seras pas exposé à mourir de faim, et tu auras une famille.
Remi réfléchissait à cette bonne proposition, quand on entendit un grattement à la porte et un aboiement plaintif.
La petite fille courut ouvrir la porte et Capi sauta d'un bond dans les bras de Remi; tout son corps tremblait de joie.
—Si tu restes, Capi restera avec toi, ajouta le jardinier, M. Acquin.
Remi n'hésita plus; il promit de rester.
—Maintenant, dit M. Acquin, il faut aller chez le commissaire qui désire te voir.
Et M. Acquin emmena Remi au bureau du commissaire.
—Répondez bien à toutes mes questions, dit le commissaire.
Et il interrogea longuement le garçon sur Vitalis et sur lui.
—Et maintenant, qu'allez-vous faire? demanda le commissaire.
—Je garderai ce garçon, dit M. Acquin, si vous voulez me le confier.
Le commissaire félicita le jardinier pour sa bonne action.