SCÈNE II
Les Mêmes, BONCHAMP, une serviette sous le bras.
BONCHAMP.
Tu vas bien. Bonjour, ma chère amie. Madame Dubois n'est pas là? Bravo, je vois que j'arrive le premier. Elle est très bien, la tante de Daniel.
GODEFROY, vivement.
Alors, elle te plaît?
BONCHAMP.
Beaucoup, bien que je l'aie vue hier pour la première fois. Elle adore son neveu. Elle m'a parlé de lui avec une émotion touchante.
GODEFROY.
Aussi, plus j'y réfléchis, plus je suis satisfait de mon futur gendre. Je suis bien obligé d'en convenir, jamais je n'aurais osé espérer pour Édith un aussi beau parti.
BONCHAMP.
Je ne sais pourquoi tu me chantes cette antienne. On croirait, ma parole, que je n'ai pas toujours été de cet avis-là. Le vrai mérite de Daniel, c'est, à mes yeux, moins sa fortune que sa personne. Il est intelligent, loyal et droit; je le crois incapable de mensonge; enfin il adore Édith. Serait-il pauvre et sans position que j'applaudirais à ton choix des deux mains.