SCÈNE III
Les Mêmes, ÉDITH.
CÉSARINE.
Ah! la voici!
Édith entre.
MONTJOIE.
Bonjour, mademoiselle.
ÉDITH, froidement.
Bonjour, monsieur.
BONCHAMP.
Viens que je t'embrasse!
GODEFROY.
Et moi?
BONCHAMP.
Tu es le père; tu as le temps. J'emmène Édith.
GODEFROY.
Où ça?
BONCHAMP.
Cela m'est égal. Elle et moi, nous faisons tout ce qu'elle veut.
GODEFROY.
Tu m'ennuies, à la fin.
BONCHAMP.
Ça m'est encore égal.
GODEFROY.
Est-elle ma fille, oui ou non?
BONCHAMP.
Mon bon ami, tu as abdiqué tes droits pour étudier l'archéologie. Tant pis pour toi! C'est ta sœur et moi qui avons élevé Édith, nous sommes les plus forts.
GODEFROY.
Une jolie idée que j'ai eue là! Césarine l'a bercée avec des romans de chevalerie et les ouvrages de M. d'Arlincourt; toi, tu la gâtes...
ÉDITH.
Laissez dire papa, mon ami. Allons nous promener.
GODEFROY.
Là! Quelle éducation, mon Dieu!
MONTJOIE.
Me permettez-vous de faire un tour de jardin avec M. Bonchamp et vous, mademoiselle?
ÉDITH, froidement.
Comme il vous plaira, monsieur. (A sa tante.) Tu ne viens pas? Père et M. Bonchamp vont se déchirer.
CÉSARINE.
Non, j'ai à causer avec M. de Montjoie.
ÉDITH.
Je vais vous mettre d'accord. Père, tu prendras mon bras gauche. Vous, mon ami, mon bras droit.
Elle s'éloigne avec Bonchamp.
GODEFROY.
Enfant gâtée! (Au perron.) Attendez-moi donc!...
Il sort.