SCÈNE XI
ÉDITH, GODEFROY.
ÉDITH.
Alors tu me croyais dans les larmes?
GODEFROY, un peu embarrassé.
Ma foi...
ÉDITH.
On ne pleure que quand on souffre. Et je ne souffre pas, puisque Daniel m'aime et que tu m'as permis de l'aimer.
GODEFROY.
Tu es séparée de lui!
ÉDITH.
Par toi...
GODEFROY.
Comment, par moi? (Avec emphase.) C'est la fatalité supérieure qui...
ÉDITH, riant.
Oh! je ne crois pas qu'une fatalité supérieure intervienne dans mes petites affaires; c'est toi seul, je le répète, qui me sépares de mon fiancé. (Elle s'approche de son père et lui passe le bras autour du cou.) Tu as confiance en moi, n'est-il pas vrai?
GODEFROY.
Confiance!... confiance!...
ÉDITH.
Je suis ta bonne petite fille...
GODEFROY.
Ça, oui...
Bien obéissante?...
GODEFROY.
Heu!... heu!...
ÉDITH.
Qui ne fera jamais autre chose que ce que voudra son père?
GODEFROY.
Tu es trop câline, je me méfie.
ÉDITH.
Moi, je veux bien épouser Daniel: c'est toi qui refuses. J'ai donc raison de dire que toi seul me sépares de lui.
GODEFROY.
Elle va me faire un mauvais coup!