SCÈNE XII
Les Mêmes, puis BONCHAMP, bientôt suivi par LYDIE, MONTJOIE et Claude MORISSEAU.
BONCHAMP.
Voilà tous nos amis qui arrivent.
GODEFROY.
Il ne manquait plus que cela.
ÉDITH.
J'y comptais bien.
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Madame Patalin, M. de Montjoie, M. Morisseau. (Il sort.)
En voilà une nouvelle, mes pauvres amis! Dès que je l'ai sue, j'ai pris le bras de M. de Montjoie, et je suis accourue ici.
CÉSARINE.
Vous savez déjà?
GODEFROY.
Déjà? Oh! mon Dieu!
LYDIE.
On a raconté l'histoire aux quatre coins de la ville.
GODEFROY, tombant assis, avec effarement.
Les potins qui commencent!
LYDIE, embrassant Édith.
Cette pauvre enfant!
ÉDITH, souriant.
Vous me plaignez beaucoup, n'est-ce pas? Je voudrais vous dire deux mots... monsieur de Montjoie.
MONTJOIE, s'inclinant.
A vos ordres, mademoiselle.
Édith et Montjoie remontent sur le devant de la scène.—Lydie les regarde de loin.
LYDIE.
Tiens!... Tiens!...
ÉDITH, à Montjoie, sur le devant de la scène.
Monsieur, j'attends de vous un grand service. Je sais que vous comptiez demander ma main: mais mon cœur ne m'appartenait plus. J'aime le capitaine Daniel: et tout en apparence me sépare de lui. Il dépend de vous de m'aider à vaincre la résistance de mon père. Vous voyez combien je vous estime, puisque je n'hésite pas à vous demander d'être mon allié contre vous-même.
Vous avez raison, mademoiselle, et je mériterai l'honneur que vous me faites.
ÉDITH.
M. Daniel demeure en face d'ici; allez chez lui, dites-lui que je l'attends. J'ai sa parole, il viendra. Je n'ignore pas que je vous impose un sacrifice: mais vous êtes de ceux à qui l'on peut tout demander.
MONTJOIE, lui baisant la main.
Merci! (Il la salue et marche vers la porte.)
BONCHAMP.
Vous nous quittez déjà, monsieur de Montjoie?
MONTJOIE.
Veuillez m'excuser.
Il sort.