Adoration

Exaltation

Quant on exalterait les femme d'Occident

Ou des mystérieux royaumes de l'Asie,

Le galbe de l'almée ou le regard ardent

Des filles de Florence et de l'Andalousie,

Quand on exalterait les brunes cancenis

Dont la danse aux palais des radjahs se déroule

Et l'hétaïre hellène immolant à Cypris

Sa parfaite beauté de femme hiérodoule,

Quand on exalterait les grâces de Lia

L'héroïque Judith, Susanne et Madeleine,

Les charmes de Lucrèce et de Marozzia,

La reine de Lemnos ou la princesse Hélène

Je douterais encor qu'un poète ait chanté,

Dans ses heures d'extase et d'amoureuse ivresse,

Une femme du siècle ou de l'antiquité

Plus que toi gracieuse, aimante et charmeresse.

Litanies de la Femme

O toi que l'Eternel forma des chairs de l'homme

Et qui fais tressaillir nos coeurs dès qu'on te nomme

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Souveraine des coeurs et gloire de l'hymen,

Toi dont nous sommes nés, tige du genre humain,

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Chef-d'oeuvre du Très-Haut, toi par qui sa féconde

Et sage omnipotence a terminé le monde,

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

O toi qui sans unir la force à la fierté,

Sais régner par l'attrait, la grâce et la bonté

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Toi par qui s'accomplit, adorable mystère,

La génération des peuples de la terre,

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Toi dont l'amour élève et fait l'homme plus fort

Pour combattre le mal et marcher vers la mort

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

O toi seule qui sais d'un baiser de tes lèvres

Pacifier nos coeurs et tempérer nos fièvres,

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Toi qui portes dans l'âme et dans ta chair en feu

Le vestige éclatant du passage de Dieu,

Femme, daigne répondre au noble amour de l'homme!

Prière

O femme, gloire à toi! Qu'en son idolâtrie,

Chacun des fils d'Adam se prosterne et te prie

D'agréer le tribut de sa virilité!

Fais que tout homme aspire à devenir ton prêtre

Et sans cesse altéré des charmes de ton être

Soit à jamais heureux d'exalter ta beauté!

Holocauste

Puisque vous ne sauriez vous lasser, ô mes yeux,

D'admirer la splendeur de sa beauté charnelle,

Subissez à jamais son charme impérieux

Et soyez obsédés des feux de sa prunelle.

Puisqu'il m'est douloureux d'oser, en mon amour,

Vous sevrer du nectar de sa bouche incarnate,

Mes lèvres, brûlez donc de boire chaque jour

Son baiser qui parfume ainsi qu'un aromate.

Puisque en moi s'est accru le désir obsesseur

D'étreindre follement ses mains d'impératrice,

O mes mains, recherchez leur contact enchanteur

Jusqu'à ce que le temps pour toujours les flétrisse.