SCÈNE II
Les Mêmes, plusieurs Courtisans.
PREMIER COURTISAN, à Ulric.
Comte Ulric, la reine va rentrer tout à l'heure au palais. Elle nous a ordonné de vous dire que votre présence y sera nécessaire.
ULRIC.
Je vous rends mille grâces, messieurs, et je suis tout aux ordres de Sa Majesté.
ROSEMBERG, regardant toujours le miroir.
Dites-moi, messieurs, ne sentez-vous pas quelque odeur singulière?
PREMIER COURTISAN.
Quelle espèce d'odeur?
ROSEMBERG.
Hé! comme du charbon éteint.
ULRIC, à Rosemberg.
Avez-vous donc juré de lasser ma patience?
ROSEMBERG.
Regardez vous-même, comte Ulric; assurément ce n'est pas là du blanc.
ULRIC.
Enfant, tu insultes une femme que tu ne connais pas.
ROSEMBERG.
C'est que, peut-être, j'en connais d'autres.
ULRIC.
Eh bien! puisque les miroirs te plaisent, regarde-toi dans celui-ci.
Il tire son épée.
ROSEMBERG.
Attendez, je ne suis pas en garde.
Il tire aussi son épée.