DEUXIÈME ACTE
La scène représente un perron orné d'une vigne vierge rouge, devant une maison rustique. Au lever du rideau, ils sont rangés là, tous les trois, le vieillard tenant dans sa main gauche la main de l'enfant et, du bras droit, enlaçant la taille de la jeune femme qui (la petite fille n'a nullement exagéré) est en effet fort jolie.
LE VIEILLARD, véhément
Accourez tous, enfants, vieillards et hommes mûrs!
Celui que vous voyez aujourd'hui dans vos murs
N'est pas—et tant s'en faut!—ce qu'un vain peuple pense.
La bonté, tôt ou tard, trouve sa récompense.
Désignant la jeune femme.
J'épouse cette dame au si charmant accueil.
Pour elle, ils sont finis, les sombres jours de deuil!
Il l'embrasse.
Du bonheur mérité, Clara, voici l'aurore!
Il la rembrasse.
Qu'un beau soleil d'amour te caresse et nous dore!
Il l'embrasse de nouveau; puis, comme devenu la proie subite d'une inconcevable frénésie, il arrache sa perruque, sa fausse barbe et les guenilles dont il était revêtu. Il apparaît alors en joli homme, sanglé dans une tunique de la meilleure coupe avec, sur la poitrine, les palmes d'officier d'Académie, et au côté, une épée administrative. Puis, il s'écrie:
Si haut placé qu'il soit, honte à celui qui ment!
Je suis le sous-préfet de l'arrondissement.
Tableau—Rideau