III
Mais Job, vous pouvez le lire devant Dieu lui-même, sans vous distraire de la majesté et de la terreur divines; car ses vers semblent écrits sur la page avec la majesté, la terreur et l'ombre même visible de Jéhovah. Enfin vous pouvez le lire, devant la mort, au chevet de sueurs de l'agonie, devant la pierre déjà levée du sépulcre où vous allez dormir votre sommeil, car l'agonie n'a pas plus de frissons, la mort n'a pas plus d'horreurs, le sépulcre n'a pas plus de ténèbres que son livre. Quel poëte que celui qui n'a pas une chose mortelle ou immortelle à laquelle il ne soit égal! Quel livre que celui qui peut passer dans votre main de la vie au néant, du soleil sous la terre, du temps à l'éternité, sans pâlir à vos yeux, et qu'on peut lire des deux côtés de la tombe sans changer de feuillet! Si on lit dans le sépulcre et dans l'éternité, soyez sûrs qu'on y lira ce livre. C'est le livre des deux mondes.
Pourquoi cela? Nous allons essayer de vous le dire.