V
Comme si un accord se fût établi entre les deux adversaires, le feu cessa simultanément sur les deux fronts de bataille. La nuit était noire, le silence profond. A en juger par la sensation personnelle de chacun, on comprenait qu'une détente se produisait en cet instant dans les nerfs des cent mille hommes éparpillés dans la plaine, tant d'un côté que de l'autre. Cette détente, toutefois, n'entraînait pas l'allégement complet du coeur. Soit la pensée des horreurs environnantes, soit la conscience du peu de durée de cette accalmie, une invincible oppression persistait. Tout à coup, pour la justifier, deux gerbes de feu jaillirent à cent pas de nous, en même temps que nous parvenait le bruit de deux détonations isolées. Est-ce qu'après douze heures de lutte il n'y aurait pas de répit? Ou bien était-ce simplement, comme à la fin d'une fête publique, la bombe d'adieu des artificiers? ou, plutôt, une façon de dire au revoir pour le lendemain?
Plus rien, quelques minutes s'écoulèrent, un quart d'heure, et le silence persista. Lentement, nous pénétrions pendant ce temps dans le village de Cernay. La route qui le traverse était jalonnée de cadavres. Le premier qui se trouva sur nos pas était celui d'un sergent de chasseurs, avec la tunique ouverte, la chemise toute teinte de sang: nous le soulevâmes; il était froid. Un autre sergent, tombé la face en terre, avait passé ses mains derrière le dos pour essayer de déboucler son sac; il n'avait pu y parvenir, et ce poids l'avait étouffé. De la lumière brillait dans une maison, j'y entrai. Des paysans, restés bravement auprès de leur foyer sous les boulets, s'efforçaient de ranimer un malheureux chasseur. Ils l'avaient couché tout de son long sur le sol battu, et ils humectaient de vinaigre ses lèvres tuméfiées, lui frictionnaient la région du coeur; ils secouaient un mort. En revanche, sur des matelas par terre deux autres pauvres diables attestaient leur existence par des plaintes. A peine parqués dans la cour d'une grande ferme qui fait l'angle du chemin de Lorges, nous reçûmes l'ordre d'aller creuser une tranchée à l'entrée du village, au nord, pour défendre la route de Cravant. Dans cette direction, une ferme flambait ou peut-être un village. Chaque soir de bataille, les Allemands avaient besoin de venger leurs pertes par un acte de vandalisme. Ils prenaient plaisir, au centre de la France, à nous envoyer de ces défis inhumains. Le vent soufflait, activant l'incendie. Le froid était devenu sec, le temps d'ailleurs assez clair; la pioche et la pelle n'entamaient la terre durcie qu'après de longs et pénibles efforts. Cette harassante besogne s'accomplissait au bruit d'un grand mouvement dans l'armée allemande. En appliquant l'oreille au sol, on percevait distinctement le piaffement des chevaux et le roulement des caissons et des affûts. Nul doute qu'il ne s'effectuât de la part de l'ennemi une conversion vers notre droite. M. Bourrel en fit prévenir le commandement supérieur.
La vérité est que, dans l'année terrible, rien ne devait nous réussir. Nos qualités nationales, la vivacité d'esprit, le courage primesautier, sont des qualités natives, heureuses, mais, en somme, peu méritoires, car elles sont mélangées de vanité et de présomption. Elles se développent sous notre beau climat, de même que la flore riche et variée s'étale sur notre sol fertile, tout naturellement. Or rien n'est solide ni précieux, sinon ce qui est rare et ce qui est produit avec effort, perfectionné avec soin. La Providence, en 1870, s'est servie contre nous des armées allemandes, comme d'un fléau, pour nous apprendra à pratiquer les vertus, peut-être arides, mais sûrement robustes, pour nous enseigner la puissance de la réflexion, de la suite dans les idées, apanage des chefs teutons, qui a logiquement engendré la confiance chez le peuple armé et lui a donné la force d'endurance prédestinée nécessairement à éteindre nos flambées d'ardeur. Grâce à sa savante organisation, à la liaison permanente de toutes ses fractions, cette armée ennemie figurait assez une colossale pieuvre à tentacules, qui retentissait tout entière des coups portés aux plus éloignés de ses membres élastiques et les faisait se replier ou s'étendre utilement, quelque espace que les nécessités stratégiques eussent fait occuper à nos envahisseurs. Nous, au contraire, nous n'étions qu'un corps désarticulé, ou à soudures fragiles, et tout à fait rompu en maint endroit.
Lorsque toute la 2e armée de la Loire s'était bien comportée, un malentendu, né de l'inhabitude de subordonner l'exécution des détails à l'intérêt de l'ensemble des opérations, avait compromis le succès incontestable de la journée du 8 décembre: Le général Camô, sans même rendre compte au général en chef, s'était, dans le milieu du jour sur un avis parvenu de Tours, replié vers Mer, évacuant Beaugency, et découvrant notre aile droite à l'improviste. Ce recul avait obligé le général Chanzy à rectifier sa ligne de bataille et à abandonner sans combat quelques-uns des points conquis par ses troupes. Les Bavarois avaient pu ainsi occuper, à l'est de Cernay, le village de Villechaumont et la ferme du Mée. A la faveur de la nuit, ils s'y établissaient en force pour nous prendre en flanc le lendemain, pendant que nous nous retranchions au nord du côté de Cravant, d'où ils nous avaient lancé leurs derniers obus.
Après deux heures d'un travail opiniâtre, la 6e compagnie fut, en tout cas, autorisée à aller prendre quelque repos jusqu'au matin. Bien qu'une grange nous eût été attribuée pour dortoir, je me laissai attirer par la faible clarté qui s'échappait d'une porte entr'ouverte sur la cour de la ferme que nous occupions. Vingt hommes se pressaient dans une salle enfumée, auprès d'un feu de branches sèches pétillant en une vaste cheminée. Les uns, assis devant une table massive, dormaient, la tête posée sur leurs bras croisés. D'autres cuisinaient, et, j'en conviens, quelques quartiers de pommes de terre qui rissolaient dans une poêle à frire, quand j'entrai, m'attirèrent vers l'âtre, tout autant que la chaleur du foyer. Comme Don César, dans Ruy Blas, j'espérais me nourrir au moins par l'odorat, étant, quoique fourrier, à peu près à jeun. Avant de nous rendre à la tranchée, j'avais mangé un biscuit, mon dernier, trempé dans un quart de café. Non que les vivres fissent défaut, dans les escouades; mais les soldats n'avaient pas eu le loisir de préparer la soupe. Mes yeux révélaient sans doute la faim qui me tiraillait l'estomac, car le cuisinier offrit, pour dix sous, à qui le voudrait, en me regardant, son beau plat de frites. Le caporal Dariès était là, riche de deux galettes de biscuit. Une fois encore, en souvenir de notre retraite de Châteaudun, nous nous régalâmes. Il était écrit que nous ne le ferions plus ensemble.
L'atmosphère, autour de nous, s'était épaissie de la fumée du foyer et de la buée des respirations. Cet air opaque étouffait à peu près la flamme de l'unique quinquet qui éclairait comme une étoile lointaine, quand la clarté pâle de l'aube pénétra sur nous par les fissures de la porte et des volets de la fenêtre. Un roulement de tambour retentit dans la rue du village, et tous nous nous dressâmes debout comme un seul homme. Nous fîmes irruption hors de la maison, et, deux minutes après, chaque compagnie était formée sur l'emplacement indiqué la veille. Puis toutes furent dirigées au nord et à l'est de Cernay, dans les jardins qui l'entourent.
Par une ruelle, un étroit passage, nous gagnâmes l'un des vergers qui s'étendent vers l'orient. Sa haie de clôture, sans feuillage, était déjà brisée en plusieurs endroits. A terre gisaient quelques chassepots, et, tout auprès, des fosses à peine comblées renfermaient sans doute les hommes qui s'en étaient servis la veille. Au delà des clôtures, il restait quelques cadavres que l'on n'avait pas eu le temps d'enterrer. Entre autres, un artilleur auprès duquel je demeurai un instant. Il reposait sur le dos, les bras ouverts en croix, les jambes un peu pliées. Les yeux semblaient clos par le sommeil, tout le visage était empreint de sérénité; la mort avait dû être instantanée, sans souffrance; elle avait surpris ce modeste héros dans le calme accomplissement du devoir.
Villechaumont, que nous apercevions devant nous, se trouve à 1200 mètres environ de Cernay. Un moulin à vent, monté sur son pivot de bois comme sur un piédestal conique, occupe le premier plan au sud. A sa droite se mouvait une masse noire. Autant que le brouillard encore intense nous permettait d'en juger, quelques petits groupes se détachaient du gros, et, se glissant en avant du village, disparaissaient soudain. Ces ombres étaient évidemment des tirailleurs qui se dispersaient dans des tranchées.
«On éprouvait, comme a dit Tolstoï, le sentiment de cette distance indéfinissable, menaçante et insondable, qui sépare deux armées ennemies en présence. Qu'y a-t-il à un pas au delà de cette limite, qui évoque la pensée de l'autre limite, celle qui sépare les morts des vivants?... L'inconnu; les souffrances, la mort? Qu'y a-t-il là, au delà de ce champ, de cet arbre, de ce toit, éclairés par le soleil? On l'ignore, et l'on voudrait le savoir.... On a peur de franchir cette ligne, et cependant on voudrait la dépasser, car on comprend que tôt ou tard on y sera obligé et qu'on saura alors ce qu'il y a là-bas, aussi fatalement que l'on connaîtra ce qui se trouve de l'autre côté de la vie.... On se sent exubérant de force, de santé, de gaieté, d'animation, et ceux qui vous entourent sont aussi en train et aussi vaillants que vous-même. Telles sont les sensations, sinon les pensées, de tout homme en face de l'ennemi, et elles ajoutent un éclat particulier, une vivacité et une netteté, de perception inexprimables, à tout ce qui se déroule pendant ces courts instants.»
Le soleil ne perçait pas la brume de cette froide matinée de décembre: hormis cela; tout ce tableau est d'une vérité saisissante. Nos fatigues étaient oubliées: les coeurs battaient fort, la circulation du sang était active: nous nous sentions pleins de sève et de vigueur, et tout prenait autour de nous le plus vif relief. Rien ne s'est effacé: je revois tout, exactement. Les jardinets dépouillés aux arbres chargés de givre. Les restes de l'artilleur qui semblait dormir. Non loin de lui, un cheval estropié, le sien peut-être, tremblant sur ses trois jambes valides, mais attendant stoïquement la mort, debout, les yeux ouverts, sans un hennissement. A cinq cents pas enfin, en plein champ, dans la zone de séparation des deux lignes ennemies, errait une vache, bête paisible et nourricière, qui cherchait le chemin de son étable et ne le retrouvait pas, car le bruit de quelques coups de feu isolés l'effarait.
Malgré la grande distance, les hommes, au risque de perdre leur poudre et leurs balles, essayaient leur fusil: Le mien était chargé, mais je ne sais quelle crainte m'empêchait de m'en servir. Jamais je ne l'avais essayé. A peine si, dans mon adolescence, j'avais brûlé quatre où cinq cartouches de revolver, et j'éprouvais quelque émotion à l'idée d'avoir pour cible des corps humains comme début. Le sous-lieutenant Houssine m'emprunta mon arme, visa, tira, me la rendit froidement. J'y glissai une seconde cartouche: mais je ne l'imitai point: j'attendis encore. Quoi? Impossible de le dire; je l'ignore moi-même. Est-ce que j'allais avoir de lâches scrupules? une fausse honte de mon devoir ou des élans intempestifs d'humanité? Les êtres qui depuis quatre mois tiraient sans relâche sur des Français, les sanguinaires Bavarois de Bazeilles qui étaient là devant nous, m'inspiraient-ils de la compassion? Non, certes. Pourquoi, cependant, hésiter à les frapper?...
Quoique le général Chanzy ait écrit que nous fûmes attaqués de bonne heure, je crois que le premier coup de canon a retenti de notre côté le vendredi, 9 décembre. Une batterie s'était établie contre le village de Cernay, et, vers sept heures, elle ouvrit le feu sur la masse noire qui fourmillait devant Villechaumont. La réplique, il est vrai, ne se fît pas attendre. La foule sombre s'étant aussitôt écartée, huit flammes brillèrent presque simultanément au sein d'un nuage grossissant, et, comme nous étions dans l'axe du tir, nous pûmes suivre du regard les projectiles qui se croisèrent dans l'air. Le bruit des deux décharges se faisant écho, le fracas des obus dans les hautes branches au-dessus de nos têtes, le grand silence qui soudain régna dans les rangs, tout donna à cet instant un caractère de singulière solennité. Il y eut comme le saisissement qui vous prend devant un spectacle de beauté supérieure.
Au milieu du recueillement qui avait suivi les détonations, une voix à l'énergie et aux vibrations bien connues, celle qui dans la forêt de Blois avait prononcé, au nom de la Patrie envahie, la sentence du caporal Tillot, s'éleva, claire, forte et ferme. Le capitaine Eynard, donnant l'élan à son corps vigoureux et souple, s'écriait, en nous montrant le chemin: «En avant!—La première section, en tirailleurs!»
Rompant les clôtures des jardins, qui leur servaient encore de frêles abris, cent hommes s'élancèrent de bon coeur, préparant leurs cartouches dans la gibecière, apprêtant le tonnerre du chassepot. Le sous-lieutenant marchait avec nous: Villiot et moi, nous étions les seuls sous-officiers de la section, Gouzy ayant disparu la veille.
Au bout de trois cents pas, le capitaine s'arrêta, de même toute la chaîne humaine dont il était le moteur. «A sept cents mètres, dit-il, commencez le feu!»
Mais neuf balles sur dix devaient se perdre. Nous n'eûmes pas le temps d'en perdre beaucoup. Presque immédiatement, stimulé d'ailleurs par une compagnie du 10e bataillon de chasseurs, qui s'était déployée à notre droite et nous avait devancés, M. Eynard avait de nouveau commandé en avant et au pas gymnastique. Rapidement nous franchîmes ainsi cinq cents mètres. «Tout le monde par terre. Tir à volonté, à deux cents mètres. Aux artilleurs, et visez bien!» ajouta notre chef, toujours debout, lui, pour mieux apprécier la justesse de notre tir.
Pour moi, j'avais éprouvé une compression violente et rapide au coeur, comme un trémolo silencieux. Puis, plus rien. L'ordre donné, il n'y avait plus ni hésitation ni scrupule. Je tirais, je chargeais; je tirais toujours, avec calme et sang-froid, visant de mon mieux, comme à la cible, sans fièvre ni remords. Il n'y a pas de comparaison à établir entre l'impression de ce moment et le tressaillement pénible qu'avait provoqué le premier bruit des balles, à la nuit tombante. Occupé d'exécuter méthodiquement la charge, je ne songeais pas à trembler, quoique le sifflement fût autrement intense et soutenu que la veille. L'appréhension vague—on ne peut trop le répéter—est pire que le danger réel, défini; le danger se laisse regarder sans terreur, pourvu qu'on le regarde en face.
Dans le mouvement incessant des artilleurs, au sein de la fumée qui se renouvelait, s'épaississait sans cesse, il était impossible de les viser individuellement; mais, les uns à plat ventre, d'autres, comme moi, un genou en terre, ce qui est une excellente position pour assurer le tir, nous prenions tous pour objectifs les flammes qui, d'instant en instant, jaillissaient de cette nuée blanche.
A cent cinquante mètres environ, nos coups portaient: nos balles firent du ravage. «Les huit pièces qui avaient pris position au début sur la droite de Villechaumont—relate le rapport allemand—se portent bientôt plus à l'ouest, vers la butte du moulin à vent; canonnées par trois batteries françaises, criblées par les feux de l'infanterie parvenue à petite portée, elles subissent des pertes très sérieuses, qui les obligent à rétrograder momentanément pour se remettre en état de combattre.»
Leurs obus avaient tous passé fort au-dessus de nous. En revanche, dans le champ nu, découvert, d'où nous les fusillions sans relâche, nous étions à la merci de l'infanterie que nous n'apercevions pas du tout. Complètement dissimulés dans les tranchées où ils s'étaient terrés, les tirailleurs bavarois nous envoyaient, comme une grêle tombée du ciel, des kilogrammes de plomb. Devant nous, à droite, à gauche, de tous les côtés à la fois, les balles pleuvaient, soulevant chacune une pincée de terre. Si le plomb germait, quelle terrible moisson eût produit le champ que nous occupions! Mais franchement, quel tâtonnement! Que de coups perdus!
Il y avait là comme un encouragement à ne pas se préoccuper des fantassins et à destiner sans regret tous nos coups aux canonniers. Ils s'agitaient perpétuellement, comme des ombres chinoises, sur le fond blanc de la fumée. Au-dessus d'eux, le moulin élevait sa cage carrée, faite de vieilles planches noircies, et son pignon à angle droit, où la croix de ses ailes immobiles semblait fixée comme sur un énorme catafalque.
Peu après que la batterie eut repris position sous cet abri, je constatai que la provision de ma cartouchière était épuisée. Il fallut recourir à la réserve du sac, opération qui paraissait longue dans l'endroit où nous nous trouvions. Je m'appliquai pourtant à l'exécuter sans hâte exagérée, de peur de maladresses qui eussent allongé le temps perdu. En rebouclant mon sac sur les épaules, je vis, tout près de moi, couché comme la plupart des hommes, M. Houssine, qui, du bout de sa canne, jouait avec une motte de terre encore blanche de la neige tombée l'avant-dernière nuit. Un impérieux besoin vous prend, dans les situations tendues, d'entendre le son de sa propre voix. Sans doute veut-on s'affirmer à soi-même, par quelques paroles, si banales soient-elles, qu'on jouit de sa présence d'esprit. Cela seul explique pourquoi, tout en glissant une nouvelle cartouche dans la culasse de mon fusil, j'adressai ces mots à mon peu sympathique officier: «La fin des munitions approche, mon lieutenant. J'en ai déjà brûlé la moitié. C'est dommage!»
Avant que j'eusse refermé le tonnerre sur la cartouche, une forte commotion, comme un rude coup de bâton, m'avait secoué le bras gauche. Toujours dans la position du tireur à genou, je chargeais; ma main glissa, inerte, de dessus mon genou par terre, et un flot de sang l'inonda. En même temps, une très vive douleur se faisait sentir à la jambe sur laquelle avait reposé mon bras.
Point de doute possible, nos maladroits adversaires, avaient enfin, sur mille coups peut-être, touché au moins une fois. Une balle m'avait fracassé l'avant-bras, l'avait traversé, et s'était amortie sur ma cuisse. Malgré une assez vive souffrance, très supportable cependant, je fis à part moi ces constatations, nettement, comme pour le compte d'autrui; puis, d'instinct, je me retournai vers mon confident de hasard, le sous-lieutenant Houssine. Il ne jouait plus avec sa motte de terre, car une autre balle venait de la pulvériser. Philosophiquement, je me bornai à lui dire: «Allons! j'ai mon compte!»