XXXII

Puissance de l’imagination : il la connaît ; mais non pas assez en lui. A tout instant, il croit ce qu’il veut ; il se voit lui-même comme il s’imagine. Et telle est sa force, sur les faibles, qu’on le voit encore comme il a voulu qu’on le vît.

Il y a de quoi rire et de quoi admirer, quand il parle de son amour pour la paix, de tout ce qu’il y voulait faire. C’est pour faire la paix qu’il va jusqu’à Moscou, mettant l’Europe à feu et à sang ; et s’il avait pu, il eût été faire la paix aux Indes, en Perse et en Chine.

Il ne ment pas. Il voit ce qu’il rêve, comme l’artiste au travail. Ha ! donnez-moi un monde ou deux à conquérir, pour que j’y fasse la paix, pour que je le taille, en plein bloc, à l’image de ce que je veux, de ce que je suis !