ACTES DE L'AUTORITÉ ALLEMANDE
A la population de la Ville de Lille
Des essais de tir anglais, sans importance militaire, ont provoqué de nouveau, la nuit dernière, des dégâts considérables dans deux quartiers de la Ville, et inquiété la population. Comme il n'est pas impossible que ces faits se renouvellent, j'invite la population civile à observer les recommandations suivantes:
1° Les caves offrent le meilleur abri contre les obus;
2° Pour empêcher des incendies, il faut enlever des greniers toute matière inflammables et préparer, en quantité suffisante, des récipients remplis d'eau;
3° Tout incendie doit être signalé immédiatement aux postes de police militaire et civile, et aux postes de pompiers;
4° Des secours médicaux seront donnés, en cas de nécessité, par tous les membres du service sanitaire allemand ou des hôpitaux militaires;
5° On peut à tout poste militaire, demander secours pour les travaux de sauvetage des victimes englouties.
L'exécution de l'art. 2 est sous le contrôle de la police militaire. Les infractions seront punies.
Lille, le 16 Janvier 1916.
Arrêté
Pour empêcher, dans la mesure du possible, la transmission de la fièvre typhoïde de la population civile aux militaires, l'Autorité allemande interdit rigoureusement à tous les militaires, aux employés allemands des Chemins de fer, Postes et Télégraphes, ainsi qu'aux ouvriers allemands des fortifications, et à tout autre civil allemand, d'entrer dans ce local.
Cette interdiction ne concerne pas les sujets français, belges, etc., etc.
Les contrevenants seront sévèrement punis. L'établissement qui sera pris en défaut sera fermé pour une durée de six semaines, et, en cas de récidive, pour toute la durée de l'occupation.
Lille, le 9 Janvier 1916.LE GOUVERNEUR.
NOTA.—Cet arrêté à été affiché à la devanture des débits de boissons de la ville, à l'exception de quelques-uns, où a été apposée l'affiche suivante:
La fréquentation de ce local est permise aux militaires allemands.
Lille, le 9 Janvier 1916.LE GOUVERNEUR.
Nourriture des Chevaux de la Population civile
L'attribution et la réception de la nourriture, contre payement, destinée à l'alimentation des chevaux de la population civile de la commune de Lille, est réglée ainsi qu'il suit:
a) Pour les chevaux utilisés dans les services officiels de la Ville de Lille, ainsi qu'au service de l'armée, tant qu'ils sont employés à ce service, une ration journalière de: 2500 gr. d'avoine ou d'un aliment analogue; 1500 gr. de mélasse; 1500 gr. de paille; 2500 gr. de foin (v. liste A) sera accordée.
b) Pour les chevaux de la population civile pouvant rendre des services en guerre, qui ne sont pas utilisés à un service public, ou au service de l'armée, tant que la chose sera nécessaire pour conserver leur aptitude au service de la guerre, une ration journalière de: 1750 gr. d'avoine ou d'un aliment analogue; 1500 gr. de mélasse; 1500 gr. de paille; 2500 gr. de foin (v. liste B) sera accordée.
c) Pour tous les autres chevaux laissés à la population civile, et qui lui sont nécessaires, pour les mules et les mulets, tant que la chose sera nécessaire, pour leur permettre de continuer à travailler, une ration journalière de: 1100 gr. d'avoine ou d'aliment analogue; 1500 gr. de mélasse; 1500 gr. de paille; 2500 gr. de foin (v. liste C) sera accordée.
Au cas où l'on ne pourrait pas donner de mélasse, une quantité équivalente de paille sera accordée.
Les dispositions prises par le Gouvernement concernant la distribution et la réception du fourrage, le payement, ainsi que sa répartition équitable par la Ville, IV d. N° 1352/15 du 20/7/15, IV d. N° 2141/15 v. 17/11/15 restent en vigueur.
Si le cheval est enlevé, perdu, acheté, tué ou abattu, le Festungs-Fuhrpark doit en être immédiatement avisé par le propriétaire, ou son représentant.
Le propriétaire de chevaux, qui se dispensera de prendre sa part de fourrage, sera puni de 10 fois la valeur de cette part.
La liste des propriétaires de chevaux ayant droit au fourrage, se trouve à la Mairie, où chacun peut la consulter.
Lille, le 15 Janvier 1916.GOUVERNEMENT DE LILLE.