AVIS DE LA MAIRIE
Prix de vente des charbons.--En raison de la hausse nouvelle du prix d'achat, qui vient d'être signifiée par l'Administration allemande des mines, la Mairie se voit dans la nécessité de modifier le tarif des prix de vente au public, qu'elle avait pu maintenir sans changement, depuis le début de l'occupation, et notamment durant la période d'hiver.
Les prix suivants sont applicables à partir du 16 avril; quelques sortes de charbon ont pu être conservées aux anciens prix, et la hausse maxima est de 0.25 les 100 kil.
Tout venant ordinaire . . . . . . . . . . 4.25 les 100 kil.
Tout venant forte composition . . . . . . 4.50 «
Graìns lavés . . . . . . . . . . . . . . . 4.50 «
Boulets . . . . . . . . . . . . . . . . . 4.50 «
Gros criblé . . . . . . . . . . . . . . . 4.75 «
Briquettes . . . . . . . . . . . . . . . . 4.75 «
Braisettes lavées, anthracite . . . . . . 5.00 «
Gailletins anthracites . . . . . . . . . . 5.00 «
Têtes de moineaux et Gailletins l/2 gras . 5.25 «
Ces prix s'entendent pour les charbons en sacs, rendus en cave de l'acheteur, par quantité quelconque.
La Mairie a reçu, pour les sinistrés de l'explosion:
Manufacture lyonnaise de matières colorantes, 57, boulevard Carnot, 100 fr.; Millecamps-Oudard 5 fr.; Balin, à Annoeullin, 50 fr.; Leclercq, administrateur des fourneaux économiques, souscription recueillie parmi le personnel de la cuisine Lottin, 21 fr.; Degrave frères, 50 fr.; J. Christophe, 86, rue de Paris, 20 fr.; Dejamme, 10 fr.; Anonyme, 10 fr.; Gaz de Wazemmes, souscription faite parmi le personnel des Sociétés gazières de Lille, 248 fr. 80; le Comte de Montigny, 87, rue Royale, 100 fr.; Decarne-Caille, 5, place Désiré-Bouchée, 5 fr.
La Mairie a reçu, d'autre part de Mlle Germaine Dongre, pour le soulagement des misères honteuses, d'autant plus intéressantes qu'elles sont plus fièrement cachées, une première somme de 300 francs, produit de la vente des poésies touchantes dont elle est l'auteur.
Comité Américain
La répartition du lait conservé
C'est une des questions qui, depuis le début, nous ont le plus préoccupés. Nous avons fait tous nos efforts pour avoir plus de lait. Nous avons trouvé le meilleur accueil auprès de la C. R. B., qui, chaque fois qu'elle l'a pu, nous a accordé plus que notre part. Malgré cette bonne volonté, notre approvisionnement reste très insuffisant. Aussi, avons nous dû prendre des dispositions, sur lesquelles nous désirons renseigner exactement le public. La dernière en date, est la circulaire du 14 avril 1916, adressée aux Maires de nos 108 communes, dont voici le texte:
Monsieur le Maire, Nous serions très heureux qu'en ce qui concerne la répartition du lait conservé, fourni par le Comité Américain, les Comités locaux se pénétrassent des idées suivantes.
Le Comité Américain ne s'est jamais engagé à pourvoir à la totalité des besoins de la population. Il ne peut d'ailleurs pas garantir un approvisionnement constant, ni régulier. La première règle à suivre est donc de réserver le lait du Comité pour les cas indispensables et pour les cas urgents. C'est pourquoi la Commission for Relief in Belgium prescrit: 1° de n'accorder de lait qu'aux familles disposant de faibles ressources; 2° sous cette réserve, de le destiner d'abord aux enfants, en deuxième ligne, aux malades, enfin aux vieillards.
A. Enfants. Trois catégories sont à considérer. Les enfants sevrés, à partir de 14 mois jusqu'à 30 mois environ, pourront recevoir 2 boîtes par semaine. Les enfants plus jeunes doivent être normalement allaités par leur mère. Mais, lorsque le médecin ou la consultation de nourrissons déclare que la mère ne peut pas nourrir du tout, l'enfant a besoin d'une alimentation artificielle complète, qu'on peut évaluer à une boîte de lait conservé par jour.
Il arrive que la mère est encore capable d'allaiter sans pouvoir donner à l'enfant selon ses besoins. Le médecin ou la consultation de nourrissons aura à indiquer, dans les cas d'allaitement mixte, la quantité complémentaire de lait conservé qui sera indispensable.
B. Malades. Etant donné la modicité de l'approvisionnement, le lait du Comité ne doit jamais aller à ceux des malades pour lesquels il ne constitue qu'un aliment. Une fois les enfants servis, il faut le réserver aux malades pour lesquels il est un élément indispensable de cure, par exemple aux personnes atteintes d'ulcères ou cancers de l'estomac ou de l'intestin, d'affections graves des reins ou du foie, aux tuberculeux fiévreux.
C. Vieillards. Si l'approvisionnement le permet, le surplus pourra être réparti aux vieillards, dont la santé serait fragile.
La quantité de lait conservé, mise actuellement à notre disposition pour le District, n'est même pas suffisante pour que le programme exposé ci-dessus puisse être complètement rempli. Or, les envois n'ont pas augmenté, et les besoins se sont accrus. Plus que jamais, les Comités locaux, tenus d'observer les prescriptions de la C. R. B., doivent opposer les refus nécessaires, aux demandes qui leur paraîtraient injustifiées, ou à un mode de répartition qui tendrait à épuiser rapidement leur stock. Jusqu'à présent, nous avons réparti le lait conservé entre toutes les communes, proportionnellement à leur population.
Aujourd'hui, la situation nous oblige à adresser un appel à leurs sentiments de solidarité. Alors que certaines localités ne disposent plus du tout de lait naturel, d'autres peuvent couvrir encore, par ce moyen, une partie de leur consommation, quelques-unes mêmes, possèdent assez de vaches, pour n'avoir aucun besoin sérieux de lait conservé. Nous sommes certains que celles qui restent encore favorisées, par rapport aux agglomérations, où les enfants s'étiolent faute de lait, sauront où est leur devoir. C'est pourquoi, désireux d'assurer une répartition de notre lait moins mathématique, mais plus conforme aux nécessités réelles, nous vous demandons de nous faire savoir, si votre Comité local peut nous abandonner toute sa part de lait conservé du Comité américain, si, au moins, il peut nous abandonner une fraction de sa part, et quelle fraction.
Vous apprécierez les intentions qui nous guident, et vous voudrez bien nous aider à réaliser notre désir de rendre le plus de services au plus grand nombre possible des habitants du Nord français occupé, et à ceux d'entre eux qui ont le plus besoin de notre concours.
Veuillez agréer, etc.
Le Délégué Américain de la C. R. B.
pour le District de Lille
LAURENCE C. WELLINGTON.
Le Secrétaire Général,
E. LABBÉ.
Nota.--Malgré ses louables efforts, le Comité Américain ne parvient pas à recevoir suffisamment de lait pour toute la population lilloise.
L'Administration municipale s'est vivement préoccupée de cette question, et elle a passé avec la Société Nestlé, un contrat pour la fourniture de lait.
Les arrivages ont été assez nombreux depuis quelque temps, et la Ville fait distribuer, rue à Fiens, au local Playoust et dans d'autres locaux de la banlieue, environ 20.000 à 25.000 boîtes de lait par semaine.