AVIS DE LA MAIRIE
Ravitaillement.--Une distribution de denrées, épiceries et lard (Comité Hispano-Américain), aura lieu 24 avril au 5 mai 1916 (Pour la quinzaine du 24 avril au 5 mai 1916), de 8 h. 1/2 à midi, dans les conditions ci-après:
Riz, ration: 455 gr. Prix 0.30. 2 rations par personne.
Haricots, ration: 312 gr. Prix 0.30, 1 ration par pers.
Céréaline, ration: 180 gr. Prix 0.19, 2 rations par pers.
Café, ration: 85 gr. Prix 0.20, 2 rations par personne.
Saindoux, ration: 320 gr. Prix 0.75. 1 ration par pers.
Sucre en poudre, ration: 250 gr. Prix 0.25, 1 ration par personne.
Lard, ration: 250 gr. Prix 0.70, 1 ration par personne.
La neuvième distribution du Comité Hollandais qui aura lieu du 24 au 28 avril, de 8 H. 1/2 à midi et de 2 h. à 5 heures, comprendra:
Beurre, ration: 165 gr. Prix 1.50, 1 ration par pers.
Oeufs, ration: 2 oeufs. Prix 0.30 la pièce, 1 ration par personne.
La dixième distribution du Comité Hollandais commencera le 1er mai.
Demandes de secours.--Il est rappelé au public que ces demandes doivent être déposées dans les dispensaires des bureaux de bienfaisance, chargés de faire les enquêtes à domicile, et de formuler leur avis sur la suite à donner aux demandes. Aucune demande ne doit être adressée à la Mairie.
COMITÉ AMÉRICAIN
Le Ravitaillement en Pommes de terre.
Enfin, nous comptons avoir des pommes de terre!
Cela n'aura pas été sans mal, et il ne faut incriminer la bonne volonté de personne. Pendant longtemps, le Comité Américain n'avait pas le droit, ni par suite la possibilité, de chercher à opérer ce ravitaillement. Ce soin incombait aux municipalités, qui, toutes, ont trouvé de sérieux obstacles. Elles ont surmonté les uns, elles n'ont pu triompher des autres, et les habitants ont pâti du manque du précieux tubercule. Chers lecteurs et amis, nous espérons fermement que cette mauvaise situation va s'améliorer.
Il existe, en Hollande, une Commission royale néerlandaise pour le ravitaillement des provinces belges limitrophes. Cette Commission s'occupe de l'exportation des pommes de terre. Elle est présidée par un homme qui se dévoue à sa tâche, M. Fleskens, membre de la seconde Chambre des Etats Généraux, c'est-à-dire député. A la suite de démarches faites par le Comité Américain (District de Lille) et la municipalité de Lille, M. Fleskens, ayant appris que nous manquions totalement de pommes de terre, s'est empressé d'accourir à Lille avec M. Berkvens, membre de la même Commission, afin de se rendre compte de l'urgence de nos besoins. L'entrevue a eu lieu le samedi 15 Avril. Nous avons rencontré chez ces Messieurs le désir le plus vif de venir en aide à notre population. Leur visite nous a en même temps permis d'avoir une idée plus exacte des difficultés, nous ne disons pas des impossibilités, du ravitaillement.
Si la Hollande produit beaucoup de pommes de terre, elle en consomme beaucoup aussi. Il faut donc couvrir d'abord les besoins du pays, et le gouvernement néerlandais, par mesure de précaution, a ordonné que les variétés qui sont de bonne conservation soient gardées dans le pays; il ne permet l'exportation que des pommes de terre dites chaudes, qui ne se conservent qu'un temps très court. L'exportation est donc limitée en quantité.
Ce n'est pas le seul embarras. Comme cette espèce, si elle vient à être mouillée, s'échauffe rapidement, germe et se gâte, on ne peut l'expédier que par temps sec. Or, l'autorisation d'exporter est donnée seulement après l'avis d'une commission qui se compose d'agents du gouvernement, du ministère de l'agriculture, des douanes. La commission doit se réunir, au lieu même où se trouvent les marchandises, c'est-à-dire, bien souvent dans un village plus ou moins reculé. Tout cela cause des retards. La question du transport vient encore ajouter aux complications. Le Gouvernement ne permet pas la sortie des wagons hollandais; pour le transport par chemin de fer, on ne saurait donc compter que sur les wagons allemands. Mais ils sont rarement disponibles. Dans bien des cas, on doit recourir aux bateaux, qui sillonnent les nombreux canaux dont est parsemé le pays. Ce mode de transport, d'ailleurs assez incommode pour le déchargement, a l'inconvénient de la lenteur.
D'autre part, la situation nous impose des achats globaux, à faire sans tarder. Car les Hollandais commencent à craindre de ne pouvoir plus importer de maïs, ils devraient alors conserver toutes leurs pommes de terre, pour alimenter leurs bestiaux, et en interdire complètement l'exportation. Il faut donc acheter avant que cette crainte prenne corps, et acheter de grosses quantités, au risque de perdre une partie de la marchandise. Outre ces aléas, un tel achat implique un fort débours. Comment et avec quoi le payer?
Vous voyez que nous n'exagérons pas quand nous disons que l'exportation des pommes de terre de Hollande présente de grosses difficultés. Et pourtant, actuellement, si nous voulons des pommes de terre, nous n'en trouverons pas ailleurs qu'en Hollande. Aussi, c'est là que nous sommes allés en quérir. M. Fleskens aura été notre bon ange, en cette affaire. Il va faire tous ses efforts, pour compléter les envois qui ont lieu en ce moment, et les porter à un total de 10,000 tonnes, dont 3.000 pour le District de Valenciennes, et 7.000 pour celui de Lille. Ces dernières seraient réparties: 3.500 tonnes à Lille, 2.100 à Roubaix, 1.400 à Tourcoing. Cet achat de 10.000 tonnes ne coûte pas moins de 1.700.000 frs, qu'il faut payer en bon argent. Ce bon argent, c'est la Commission for Relief in Belgium, autrement dit le Comité Américain central, fonctionnant à Bruxelles, qui consent à le fournir. Nous espérons, de la sorte, pouvoir distribuer, dans notre District, quelques kilogrammes de pommes de terre par personne au taux de vingt centimes le kgr.
Autre nouvelle, que nos lecteurs accueilleront aussi sans désagrément. La question de l'introduction des vaches laitières, dont nous avons parlé il y a deux semaines, a fait quelques progrès. Après avoir obtenu la garantie contre toute réquisition, demandée à l'autorité allemande, la C.R.B. s'est entendue avec la Hollande pour pouvoir acquérir dans le pays 150 bêtes, qu'elle va nous expédier. Nous comptons avoir quelques prairies réservées; nous nourrirons nos vaches en partie avec le son de nos moulins; nous pourrons également importer 20.000 tonnes de tourteaux. Il est inutile de dire que la C.R.B. nous impose une condition à laquelle nous avions souscrit d'avance: ce lait naturel sera strictement réservé aux enfants.
Il est écrit que les membres du Comité Américain feront tous les métiers: meuniers, boulangers épiciers, bouchers, marchands de poisson, cuisiniers de petits plats pas chers et succulents, commis de magasins de chaussures et de vêtements... Ils vont se mettre à traire les vaches! Et après tout cela, il se trouvera encore des grincheux pour dire que nous ne sommes bons à rien!
Mais reprenons le ton sérieux, que nous n'avions momentanément quitté que pour rire un peu de nous-mêmes, et demandons à nos lecteurs la permission d'adresser à nouveau et publiquement, aux Américains de la C.R.B. et aux gens de coeur, tels que M. Fleskens qui consentent à les seconder dans leur oeuvre, l'expression de toute notre gratitude.
Le Comité.
Avis du Comité d'Alimentation
Le Bulletin de Lille de dimanche 16 avril, a appelé l'attention du public sur les bons de monnaie falsifiés de la Ville d'Halluin, actuellement en circulation. Depuis quelques jours, certaines personnes cherchent à introduire à Lille des bons falsifiés de Douai. Comme pour les bons d'Halluin, l'altération porte, pour Douai, sur les billets d'un franc, dont le nombre et le chiffre ont été grattés, et remplacés par le nombre et le chiffre cinq.
Le Comité d'Alimentation a mis en garde ses caissiers contre ces falsifications et les a engagés à examiner les billets de très près, avant de les accepter en payement.
Cours d'Italien de l'U. F. J.
Le cours d'italien reprendra mercredi 3 mai, à 18 h., à l'Ecole de la rue des Poissonceaux.
La Chambre Syndicale des Entrepreneurs
voudrait connaître les jeunes gens désireux d'apprendre les métiers de peintre, plombier, zingueur, gazier, marbrier, tailleur de pierre, maçon, tapissier, garnisseur, en somme, tous ceux se rattachant à l'industrie du bâtiment.
Ils peuvent demander des renseignements à la Chambre Syndicale, les Mardi et Vendredi, de 10 à 11 heures, 1, rue Denis-Godefroy.
Annonces diverses
Le Bureau du Journal est à la Mairie (Bureau du Contentieux)