V.—NUMÉRATION
Nos tirailleurs doivent être exercés à compter très distinctement, à articuler aussi correctement que possible. A ce point de vue, la méthode qui consiste à faire compter toute une escouade à la fois, est à proscrire.
Il faut aussi noter que pour compter sur les doigts, la plupart des peuplades noires commencent par ouvrir toute grande la main gauche et en disant 1, elles referment avec la main droite l'auriculaire gauche; en comptant 2, elles referment l'annulaire, et ainsi de suite jusqu'au pouce.
Pour dire 5, elles montrent le poing fermé, pour dire 10, elles mettent les deux poings fermés l'un près de l'autre, pour 20, elles impriment deux petites saccades aux poings fermés (2 fois 10) ou placent les deux poings fermés près des deux pieds joints (total des doigts des mains et des pieds).
Il sera bon lorsque l'on veut être sûr d'être bien compris par un jeune soldat encore peu instruit, de faire les signes indiqués plus haut.
En apprenant aux indigènes à compter, il y aura à insister également d'une façon toute particulière sur les mots:
cinq, dix, quinze, vingt.
Ce sont là des jalons qu'ils retiendront facilement puisqu'ils représentent des nombres matérialisés par: le poing, les deux poings, les deux poings et les deux pieds.
Entre ces jalons, ils arriveront ensuite sans aucune peine à situer les autres noms de nombre.
Le nom de nombre sera toujours après le nom qu'il accompagne:
Exemple: Ces dix tirailleurs sont bons, se dira:
Ça tirailleurs dix y a bons.
Exemple: Ces dix bons tirailleurs sont partis, se dira:
Ça tirailleurs dix y en a bons, y a partis.
Numéros ordinaux.—Au lieu de dire premier, deuxième, etc…, il est préférable de dire No 1, No 2, etc…
Cela n'a pas beaucoup d'importance pour les quatre premiers nombres qui sont généralement connus à cause des quatre sections de la compagnie dont il est souvent question, mais il en est autrement pour les suivants.