La responce que la vieille fait a galathee quant elle se excuse sus ses parens.
[C]onvenit ut tua sit concessu teda parentum
Si tuus interea mulceret ignis ei
Gallathee pucelle delectable
Honnourable
Responce tu ne me rens
Disant ainsi que sans tes bons parens
Vraiz conducteurs et amis apparens
De ton voulloir a nul ne es mariable
Mais sans fable
C'est chose veritable
Quelques parens que tu diez avoir
Convenable est et facille a sçavoir
Qu'il esconvient que ta torche et lumiere
En fait d'amours procede la premiere
Pour acquerir de eulx le consentement
Par quoy tu peulz monstrer aucunement
Pamphille de bien aymer couraige
En attendant cestuy appointement
A celle fin au moins que seullement
Signe d'amour son ardeur assouaige
Excercet corda juvenum venus ingeniosa
Qnisque per hoc studium colligit ingenium
Venus dame de hault paraige
Sus toutes deesses tressaige
La fleur de beaulté et l'eslite
Ingenieuse en tout ouvraige
En enseignant d'amours l'usaige
Les cueurs des jeunes excercite
Et a bien aimer les incite
Tant que chascun s'il n'est trop rude
Recueillir peut en son estude
Engin et esperit pour conduyre
Ses amours qui si veult reduyre
Et pourtant plaisante pucelle
Cecy je te suys venu dire
Car saiches que venus desire
Que tu te gouvernes par elle
Incitat hec animos dat largis odit avaros.
Letitiam sequitur tristitiam que fugit
Venus incite les couraiges
Des amans qui sont gratieux
De ses biens elle donne aux larges
Et tolz aux avaricieux
Elle suyt liesse en tous lieux
Et fait son repos de liesse
Au contraire elle fait tristesse
Car ung amoureux gent et miste
S'il ensuyt venus la deesse
En tout lieu et en toute adresse
Jamais ne sçauroit estre triste.
Narraret nullus quantum valet veneris usus.
Hinc nisi pueris rustica semper eris.
A homme seroit impossible
Tant eust l'esprit intelligible
De dire les biens qui venus/
Sont de la deesse venus
Haulte princesse inconfusible
Sens humain n'est point susceptible
Combien eslevé qu'il puisse estre
De tout son usaige congnoistre
Qui tant est merveilleux et hault
Ne de narrer combien il vault
Car c'est liesse souveraine
Paradis de nature humaine
Et se tu ne viens gallathee
A ceste plaisance haultaine
Tu en demeureras villaine
A tousjours et fille gastee.