Les doubtes que a fait galathee de se acorder tant esprise que plus ne peult
O deus in quantis animus versatur amantis
Quam timor hac illac pellit amor que gravis
O sire dieu tu scez tout bien
En combien de choses/ combien
Tourne couraige d'amoureux
De repoz en luy n'y a rien
Mais incessamment sans moyen
Tourne en ung propoz ou en deux
Deça dela crainte le maine
Amour d'aultre part le demaine
Grevement en divers propoz
Tant qu'il n'y a point de repoz
L'une fois il treuve bon port
L'aultre dangereux pas de mort
Couraige amoureux en effet
Souvent est transmué si fort
Qu'il ne sçait qu'il dit ne qu'il fait
Hii duo discordes/ me nocte dieque fatigant
Esse quod optat amor hoc netat esse timor
Crainte et amour deux discordans
Et mortelz ennemis aussi
Qui jamais ne sont acordans
Mais tous divers champs recordans
Se treuvent tousjours a cecy
Ainsi sont amans en soucy
Tant que a pou que le cueur ne sent
Ce que ung ayme l'aultre deffent
Ce que amour desire et appete
Crainte deffent et le regette
Jamais en leur fait variable
N'y a conclusion parfaicte
Mais litigue interminable
Quid faciat nescit semper per devia currens.
Errat et errando vulnus amoris alit.
Ung vray amant ne sçayt qu'il face
Mais va tousjours de place en place
Sans chemin ne sente tenir
Quant il doit arrester il passe
Courant tousjours passe et rapasse
Sans ung propoz entretenir
Tousjours erre et en errant
Sans trouver secours ne garant
D'amours n'auroit la grefve playe
Qui luy abolit tout joye
Quant il ne peult trouver adresse
En cheminant l'oblique voye
Qui totalement le desvoye
Tant qu'il n'y a point de liesse
Me sibi subdit amor illi licet usque rebellem
Me que repugnantem fortius urit amor
Je preuve la chose telle
En moy simple jouvencelle
Qui esprinse d'amour suis
Amour m'a subjecte a elle
Ja soit que je me rebelle
Contre elle tant que je puis
Je repugne assez: et puis
Amour tant plus je reculle
Et plus ardamment me brusle
Plus fuy plus me vient querir
Medecine ne sçay nulle
Qui m'y puisse secourir
Sic afflicta diu casso quoque fessa labore
Mesta loquar quam venire malo mori
Ainsi en ceste affliction
De double ymagination
De labeur cas vaine et lassee
De parler j'ay intention
Et dire mon opinion
Toute dolente et courroucee
En disant ma triste pensee
Et estre de soucy delivre
Mieulx ayme mourir que ainsi vivre
Car amour par sa fellonnye
Tant de cruelz assaulx me livre
Que j'ayme mieulx mort que la vie