NOTES

I. [Note 1: Les Merniavtchevitch, c'était Voukachine et ses deux frères, Ougliécha et Goiko. «Voukachine Merniavtchévitch résidait à Prichtina, et son autorité s'étendait sur tous les pays environnants; il avait donné à son frère Ougliécha le titre de despote, avec le commandement de Drama, de Serres et des lieux avoisinants jusqu'à Salonique» (Istoria Tzèrne Gore, napisao Milakovitch, 1856, page 20.)]

I. [Note 2: Ouroch V (le dixième des Nemanitch), que la légende représente comme un enfant, était déjà, du vivant de son père Douchan, marié à une princesse Valaque, Hélène et avait le commandement de la vieille Serbie, avec le titre de roi.]

I. [Note 3: Le tzar défunt, c'est Douchan le Fort (Silni).]

I. [Note 4: Le texte porte: Starostavné Knigué livres anciennement composés, mais d'après une leçon que propose l'éditeur (Dictionnaire serbe, p. 713), je lis Tzarostavné, (lettres) impériales, ce qui offre un sens plus convenable.]

I. [Note 5: Za iounatchko se pitayou zdravlié, littéralement, ils s'enquièrent (l'un à l'autre) de leur santé de braves, expression qui revient constamment.]

I. [Note 6: Chetcher vyou, a rakiou piyou Aujourd'hui encore c'est l'étiquette parmi les Serbes, d'offrir à tout visiteur la confiture et l'eau-de-vie de prune (chlivovitza), ou le café, avec le tchibouk.]

II. [Note 7: Les Vilas sont des êtres surnaturels, à l'existence desquels le peuple croit encore aujourd'hui, mais sans se faire d'elles une idée bien exacte. Au physique cependant on se les représente sous la forme de jeunes filles vêtues de robes blanches, aux longs cheveux flottant sur les épaules, et qui habitent au bord des eaux dans les lieux les plus reculés des forêts et des montagnes. Leur principal attribut paraît être la connaissance des simples, et par là de l'art médical. Elles figurent aussi bien, quoique plus rarement dans les contes (non versifiés), que dans les chants, et paraissent certainement être un reste de la mythologie slave païenne.]

II. [Note 8: Le nom serbe de cette masse d'armes, garnie de nœuds, est bouzdovan, du turc bouzdyghan.]

II. [Note 9: Zadoujbina (de doucha, âme), désigne une fondation religieuse faite, une construction quelconque élevée, une œuvre pie accomplie en vue du salut éternel. Les souverains serbes, dépassant ce qui avait lieu en Occident, ont construit dans ce but une multitude d'églises et de monastères, dont plusieurs subsistent encore. La fondation de Ravanitza par Lazare est, entre autres, le sujet d'un chant (t. II, n° 35) Ses restes qui y avaient été d'abord déposés en ont été enlevés depuis et transportés au couvent de Krouchedol en Sirmie.]

IV. [Note 10: Les gens de noces, conviés, svat. Les noces serbes se font avec un cérémonial tout particulier, et celui qui est décrit ici ne s'éloigne point des coutumes actuelles. Au jour fixé, le fiancé se rend avec les personnes des deux sexes qu'il a invitées, et qui portent le nom de svat, à la maison de l'épousée; il est assisté d'un koum ou parrain, d'un stari svat ou ancien des invités, qui servent de témoins, et d'un dévèr, ou paranymphe (il peut être marié, c'est pourquoi je ne dis pas garçon de noce), qui reçoit l'épousée des mains de ses parents, et ne doit point la quitter jusqu'à l'arrivée dans la maison conjugale. L'usage en effet interdit absolument à ses parents d'assister au mariage, et ils ne revoient d'ordinaire leur fille que huit jours après. Cette prohibition va plus loin: elle s'étend jusqu'aux couches, dans lesquelles une mère ne saurait assister sa fille. Quand on demande aux Serbes la raison d'usages aussi singuliers (pour nous, du moins), ils n'ont d'autre réponse que celle-ci: «Ce serait une honte (d'agir autrement).»]

IV. [Note 11: Il ne faut pas s'étonner de voir figurer ici le doge de Venise. Cette ville (en serbe, Mlétzi), par suite de ses rapports avec la Dalmatie et le Montenégro, était bien connue dans tous les pays serbes, et le long poëme d'Ivan Tzèrnoiévitch roule sur une union entre une ancienne famille princière du Montenégro et un doge.]

IV. [Note 12: Protégée. Je n'ai su comment rendre le mot snaha, qui marque ici la relation entre la fiancée et le dévèr, sous la garde duquel elle se trouve placée.]

IV. [Note 13: Aujourd'hui encore, mettre la veste à l'envers est la manière de porter le deuil parmi les paysans.]

V. [Note 14: Il y a sans doute ici confusion entre la Maratza (Hebrus des anciens), sur les bords de laquelle les Serbes perdirent une première bataille contre les Turcs en 1365, et quelque rivière qui traverse la plaine de Koçovo. De même, lors de cette bataille, il y avait longtemps que le roi Voukachine était mort: il avait péri en 1371, assassiné par un valet, à la suite d'un engagement avec les Turcs. (Davidovitch, Istoria Serbskog naroda, p. 77.)]

V. [Note 15: On connaît assez l'étiquette turque pour comprendre ce que cette action avait d'outrageant.]

V. [Note 16: Tzaré pootchimé. Pootchim signifie quelque chose comme père d'adoption, ou de choix. C'est le nom que Marko donne ordinairement au sultan, qui lui répond par celui de poçinko, de sin fils. Tous ces mots, ainsi que celui de pomaika (de maika, mère), que l'on rencontre aussi, et qui sont également intraduisibles, sont dérivés des noms de parenté avec l'addition de la particule po. (Voir pobratime, aux notes de la première partie, page 59.)]

VIII. [Note 17: Le mot Arapin désigne et les Arabes, et les nègres ou Maures. Il y a sans doute dans ces campagnes lointaines de Marko une réminiscence historique, car on assure que Bajazet, dans la bataille où il fut défait par Timour, en 1402, avait parmi ses troupes, vingt mille auxiliaires serbes.]

IX. [Note 18: Deli (T.), brave, garde du corps, homme d'escorte.]

X. [Note 19: Les pays habités par les Serbes sont en général si montueux et si boisés, qu'ils distinguent mal les idées de montagne et de forêt, exprimées à peu près indifféremment toutes deux par les mots gora et planina, mons saltosus.]

X. [Note 20: Aventures, tchetovanié. Ce mot s'applique, par exemple, aux pillages, ou razzias, commis réciproquement par les bandes montenégrines et turques sur le territoire ennemi. Ces bandes s'appellent tchétas.]

XI. [Note 21: La sainte montagne (sveta gora) est le mont Athos, couvert, comme on sait, de couvents fondés par les différentes nations du rit oriental. Celui de Vilindar, qui appartient encore aujourd'hui aux Serbes, a été commencé en 1197, par Stefan Nemania.]

XII. [Note 22: Les Tziganes (Bohémiens) sont nombreux en Serbie. Leur nom est la plus méprisante insulte que l'on puisse adresser à quelqu'un. Ce qui n'est nullement à mépriser, c'est la beauté de leurs femmes, ou plutôt des jeunes filles, leur musique sauvage et monotone ne manque pas d'un charme étrange, et que les Magyars en particulier sentent vivement.]