TROISIÈME DISCOURS.
La conversation de la veille prend un autre cours le lendemain. L'ame querelle Justin de ce qu'il l'a forcée, durant soixante ans, à végéter entre des tonneaux et des galoches, au lieu de la laisser librement contempler la vérité, dont la recherche est la fin de l'homme. Justin se défend par la considération de la nécessité. Où en serait le monde avec ses contemplateurs, sans les arts et sans les métiers mécaniques? L'ame insiste et prouve à Justin qu'avec un peu de bonne volonté il eût facilement fait la part de la contemplation et celle du métier; elle le désabuse de l'opinion vulgaire que l'étude est difficile, et comme inaccessible au commun des hommes.—D'où vient donc que les maîtres nous la représentent telle?—Je te l'apprendrai dans notre prochain entretien.