C.
Caillebotis. Ce sont des panneaux de treillage à carreaux vides. On en ferme l'espace compris entre les gaillards, ce qui forme une espèce de pont, sous lequel l'air circule. Dans les gros temps on le couvre de toiles goudronnées, appelées prélats. Cette construction est ingénieuse, et peut-être parviendrait-on à former ainsi tous les ponts du vaisseau ; ce qui donnerait une libre circulation d'air jusque dans la cale.
On appelle caillebotte, en Normandie, le lait caillé et battu qui forme une espèce de réseau. On appelle aussi caillebotté ou pommelé ces espaces blancs et bleus qui paraissent au ciel lorsqu'il se dispose à changer.
Cale. Est la partie inférieure du creux d'un vaisseau. C'est le lieu où l'on met les marchandises. On dit d'un vaisseau qu'il est bien calé, lorsque sa charge est bien distribuée dans sa cale. Pour l'ordinaire, on met au fond les poids les plus lourds, mais s'il y a une quantité considérable de fer ou de plomb, les mouvemens du vaisseau sont trop durs et l'exposent à rompre sa mâture. Il y a encore beaucoup de précautions à prendre pour l'arrimage. Le Marquis de Castries était fort mal calé.
Cap (avoir le.) Ce mot vient du portugais il capo, la tête. Mettre le cap au nord, c'est tourner la proue du vaisseau, ou sa tête vers le nord.
Cape (tenir la.) Dans les gros temps, lorsque le vent est contraire, on ne porte que peu de voiles : ordinairement c'est la misaine. On dirige le cap du vaisseau le plus près du vent qu'il est possible. Le vaisseau fatigue beaucoup dans cette position.
Carguer. C'est reployer les voiles, sans les lier, le long des vergues : ce qui se fait au moyen des cargue-fonds, qui sont des cordes qui retroussent la grande voile à peu près comme les rideaux d'un dais. Un marin qui verrait lever la toile à l'Opéra dirait qu'on l'a carguée.
Civadière. C'est la voile attachée au beaupré.
Coiffé (être.) Lorsque les vents sautent tout à coup de la poupe à la proue, les voiles sont repoussées contre les mâts, qui en sont, pour ainsi dire, coiffés : quelquefois on ne peut les descendre ni les manier. Un vaisseau alors est heureux d'en être quitte pour sa mâture, si le vent est fort.
Coq. Cuisinier des matelots. Ce mot vient évidemment de coquus, et nos traiteurs portent le titre de maîtres-queux.
Courant. Quoique la mer ressemble à un grand étang, elle est remplie de courans particuliers. Nous avons peu d'observations sur cet objet, un des plus essentiels de la navigation. J'en ai vu de fort intéressantes sur les mers de l'Inde, faites par le chevalier Grenier.