LXXIII
L'obsession d'Irène nous faisant mal à tous deux, j'ai décide d'aller à elle ; tu m'as approuvée avec tendresse :
— Oui, ma Claudia, va ; car je suis certain qu'un malheur l'attend.
Puis la pensée d'une séparation nouvelle t'a ému. J'ai vu frémir tes narines, et tes yeux se remplir de cette belle flamme d'amour qui brûle mon cœur ; — un de tes bras m'a enserrée ; et, me renversant un peu la tête pour bien lire dans mes yeux, tu m'as dit :
— Ma Claudia, ton amour me paraît un autel, je voudrais y apporter des fleurs et de l'encens ; nulle femme sur terre ne m'a donné un tel sentiment de force et de joie, tes baisers m'infusent la vie, embrasse-moi, ma Claudia…
Et, en tremblant, je t'ai rendu tes baisers ; mais c'étaient des baisers tristes avec une saveur d'adieu.