CHAPITRE PREMIER.
Des Lettres et de leur Prononciation.
L’alfabet hébreu se compose de vingt-deux lettres radicales, dont la liste est jointe ci-contre (voyez tableaux [nos I] et [IV]).
De ces vingt-deux lettres, quatre sont voyelles, savoir: Alef, Iod, Ou et Aïn: ce sont là celles que les anciens ont appelé matres lectionis, c’est-à-dire, moyens ou guides de lecture.
Les dix-huit autres sont toutes consonnes, y compris les deux aspirations, la forte et la faible, lesquelles dans cette langue sont traitées comme consonnes.
La valeur de toutes ces lettres en prononciation européenne, est établie dans la colonne no 2 du tableau 1er chacune en regard de son type.
Dans le cours du présent opuscule, ces vingt-deux lettres grammaticales vont être constamment représentées par nos lettres capitales romaines qui leur sont accolées: de cette manière, le lecteur qui sait déjà l’hébreu, pourra sans cesse le restituer sous ses yeux par une transcription conforme au tableau.
L’hébreu, comme tous les dialectes arabes, a eu, soit dès le principe, soit avec le temps, d’autres voyelles que les quatre grandes radicales; quand les grammairiens ont voulu les faire paraître dans l’écriture, ils ont usé des procédés dont j’ai rendu compte ci-devant sous le nom de points-voyelles; et ces procédés sous une diversité apparente de formes et figures dans l’arabe, l’hébreu, le syrien, reviennent au même but, ainsi qu’on le voit dans le [tableau no V], où je les présente comparés l’un à l’autre.
Il résulte de cette comparaison que, chez les uns comme chez les autres, les voyelles non représentées dans l’alfabet ont été figurées par diverses combinaisons de points et autres petits traits; et que, en résultat définitif, la totalité des voyelles nécessaires à la prononciation s’élève au nombre de treize, ainsi qu’on le voit dans mon tableau: les équivalens que je leur assigne en lettres européennes, rendront également facile leur distinction réciproque, et leur restitution en signes hébraïques. Pour y arriver plus sûrement, le lecteur remarquera que tout ce qui est essentiellement point-voyelle sera toujours figuré par des lettres italiques, que la différence de leurs formes rendra faciles à distinguer des capitales auxquelles je les associerai.
Ainsi ramené à nos formes, l’alfabet hébreu se compose réellement de dix-huit consonnes et de treize voyelles, total trente et une lettres. C’est avec cet appareil simple et clair que je prétends écrire l’hébreu avec une correction et une plénitude dont on n’a eu jusqu’à ce jour aucune idée.