I
Point besoin, pour cela, d'émigrer à l'étranger. Nos colonies nouvelles, où tout est à créer, offrent aux femmes intelligentes et courageuses des débouchés et des ressources qu'elles chercheraient vainement dans la métropole, où l'encombrement des professions condamne les mieux armées pour la lutte à la souffrance ou à la médiocrité. Que ne sont-elles plus nombreuses les femmes de nos petits fonctionnaires qui, n'écoutant que leur bravoure et leur dévouement, s'en vont sur les terres neuves servir la patrie aux côtés de leurs maris? Combien de jeunes filles méritantes, adroites, économes, qui traînent une vie étroite et gênée parmi les durs travaux d'un ménage besogneux, dans les mansardes des grandes villes ou dans quelque bicoque lézardée de nos provinces endormies,--et qui pourraient trouver au-delà des mers, avec une existence plus libre et plus large, un emploi, une situation, souvent même une famille?
Car dans toute entreprise de colonisation, le mariage doit être l'événement final désiré, la conclusion entrevue et préparée. A quoi bon émigrer pour se créer au loin un foyer qui risque de rester désert? A peine connues, les nouvelles arrivantes seraient accueillies avec faveur et, pour peu qu'elles fussent avenantes et de bonnes façons, traitées par les colons en épouses possibles. Les femmes font prime en de certaines colonies. Je sais bien que les gens qui s'effraient de toute nouveauté, n'ont pas assez de plaisanteries pour ces «théories» de jeunes filles, pour ces convois précieux de chères créatures d'une garde si difficile, que nous convions à la conquête du monde sauvage. Mais nous sommes loin de l'ancien régime, qui confiait aux Manon Lescaut le soin de peupler et de réjouir ses colonies.
En réalité, il existe, dans nos possessions d'outre-mer, des situations, des professions même essentiellement féminines, qui, au regret des colons, n'ont pas encore de représentants. M. Chailley-Bert, qui s'est fait une spécialité des questions coloniales, nous apprenait récemment qu'en Indo-Chine, des villes, comme Hanoï, Haïphong, Nam-Dinh, ont besoin de couturières et de modistes; que les fonctionnaires mariés, résidents de toutes classes, généraux et officiers supérieurs, directeurs des travaux publics et des affaires indigènes, sollicitent parfois des institutrices pour l'éducation de leurs enfants; que les commerçants et les agriculteurs souhaiteraient souvent de confier à une comptable entendue la direction de leur intérieur ou les menues besognes de leur domaine; bref, que, dans la société de là-bas, il y a des cases vides qui pourraient être occupées avec profit par les femmes.
II
Mais il faudrait avoir le courage d'émigrer. Et par malheur, la Française est beaucoup moins voyageuse, beaucoup moins déracinable que l'Anglaise ou l'Américaine, qui part gaiement, bras dessus bras dessous, avec son homme, pour chercher la fortune et fonder une famille aux quatre points cardinaux.
On a beau lui dire, avec M. Jules Lemaître, qu'elle trouverait au-delà des mers un «emploi de son énergie» plus «intéressant» et plus «profitable» que de tirer le diable par la queue dans une étroite chambre de Paris, et qu'en suivant là-bas son cousin ou son ami d'enfance, elle deviendrait «la reine d'une concession» fondée dans la brousse et conquise sur la barbarie par son brave petit mari; on a beau lui dire, avec Mme Arvède Barine, qu'une fille bien née, qui a bon pied, bon oeil, la tête fière et le coeur chaud, devrait «faire faire la lessive sous une autre latitude à des femmes noires, jaunes ou brunes,» plutôt que de «la couler elle-même toute sa vie en vue du clocher natal;» on a beau lui rappeler ses ancêtres, les braves femmes de Normandie ou de Bretagne, qui ont contribué à fonder et à peupler le Canada: c'est en vain. Elle ne se sent qu'une très médiocre inclination pour les aventures et les hardiesses de la vie coloniale. Combien de Parisiennes étouffent, pâlissent, végètent, souffrent, languissent au cinquième étage de la capitale? Allez donc les arracher au boulevard! Rien que la banlieue leur paraît un lieu d'exil.
Et la provinciale n'est pas plus facile à transplanter. C'est une sorte d'esclave volontaire attachée à la glèbe. Au bout de quelques semaines de déplacement, lorsqu'elle se risque à voyager, elle a comme la nostalgie de son clocher. Briser les mille liens de la famille, des relations, des habitudes, qui l'enchaînent au sol, est un sacrifice qu'elle n'accomplit jamais de son plein gré. Dire adieu à la terre et au ciel de la douce France, est une rupture à laquelle elle ne se résout point sans douleur et sans regret.
Et pourtant, comment le Français peut-il devenir aventureux et se faire colon, si la Française refuse de le suivre ou l'empêche de partir? C'est bien la peine d'exciter le coq gaulois à s'envoler par-delà les mers, si les poules mouillées, qui l'entourent, se cramponnent obstinément à leur perchoir! S'enfermer entre les frontières de la France, sous prétexte qu'il fait trop de chaleur au sud, trop de neige au nord, trop de vent à l'est, trop de pluie à l'ouest, c'est, pour parler comme Mme Arvède Barine, «agir et raisonner en empaillée.»
Si le féminisme est vraiment une doctrine de fierté, de courage et d'indépendance, ennemie du préjugé, de la routine, de l'immobilité, s'il aime à copier les libres allures de l'Anglaise et de l'Américaine, il doit s'appliquer sans retard à convertir la Française d'aujourd'hui, si timide et si casanière, en forte et brave créature résolue à secouer ses habitudes sédentaires, à lâcher les jupes de sa maman, à conquérir la pleine liberté de ses mouvements. Il y va de son intérêt, de la fortune de son mari, de l'avenir de ses enfants et, par surcroît, de la grandeur et de la vitalité du pays. En France, je le répète, les places manquent aux hommes et aux femmes, tandis que nos colonies leur offrent des terres vacantes, des emplois inoccupés: qu'ils aillent donc les prendre! Symptôme rassurant: on nous affirme que les femmes françaises, en quête d'une position, ne sont pas restées sourdes aux appels de l'Union coloniale, instituée précisément pour diriger un courant d'émigration des deux sexes vers nos possessions d'outre-mer. Des institutrices, des couturières, des modistes, des sages-femmes et même des demoiselles sans profession, poussées par le bon motif, se mettent avec empressement à la disposition du comité. Il s'est même constitué une «Société française d'émigration des femmes,» dont Mme Pégard est la secrétaire générale.
Voilà du féminisme utilitaire et patriotique! Pour conclure, la femme libre, l'Ève nouvelle, l'indépendance et l'égalité intégrales des sexes ne sont que des «turlutaines» inquiétantes ou risibles. Mais on a pu voir qu'à côté de ce féminisme extravagant, qui est une pose et parfois même une carrière, et dont les élucubrations seraient plutôt joyeuses, si elles n'achevaient d'affoler quelques cervelles déjà portées aux hallucinations les plus chimériques et aux rêveries les plus fâcheuses,--il en est un autre sérieux, pratique, sensé, qui s'efforce de faire à la femme contemporaine une situation digne des temps nouveaux.
III
Et maintenant, que les philosophes, les poètes et, plus généralement, tous les esprits délicats sur lesquels la femme a conservé la souveraineté de l'amour et de la beauté, s'affligent de l'«industrialisme» qui l'envahit et la vulgarise; qu'ils s'effraient de la diminution du sens esthétique, de la préoccupation excessive des soucis d'argent, des brutalités croissantes du combat pour la vie, qui étouffent et abolissent la douceur, la finesse, la tendresse, tous les dons, toutes les grâces du sexe féminin; qu'ils dénoncent le féminisme comme un malheur public; qu'ils y voient une déviation des aptitudes rationnelles de la femme, une perversion de son rôle traditionnel, une dégénérescence où s'émoussent peu à peu toutes les amorces dont la nature l'a douée pour la survivance et le salut de l'espèce,--rien n'y fera. Il faut vivre.
Et, suivant toute vraisemblance, cette loi de dure nécessité pèsera douloureusement sur le XXe siècle qui commence. Mais ayons foi dans l'éternel féminin. A ceux qui pensent avec tristesse et découragement que, dans ce nouvel état de choses, la femme perdra la plupart des qualités dont son charme est fait, et qu'à force de poursuivre les mêmes vues, les mêmes ambitions et les mêmes carrières que l'homme, à force de se rapprocher de lui par ses allures, ses dehors et son langage, elle ne peut manquer de se dénaturer et de s'enlaidir; à tous ceux, en un mot, qui tremblent de la voir se viriliser grossièrement, nous avons une remarque rassurante à faire: la femme est possédée du démon de la coquetterie. Ainsi le veut la nature. Et c'est heureux; car pour plaire aux hommes, il n'est pas possible que jamais la femme cesse tout à fait d'être femme.
Convient-il donc, pour finir, de crier aux hommes en possession de tous les emplois lucratifs: «Place aux femmes»? Ce serait peine perdue. Notre sexe n'abandonnera point sans combat les postes qu'il détient de temps immémorial. Il y aura lutte: les femmes peuvent y compter. D'autre part, la nature les prédestinant, avant tout, au rôle d'épouse et de mère, ce n'est point trop dire que la plupart d'entre elles ne sont pas faites pour les carrières actives et les professions contentieuses.
Il ne sera donc profitable qu'à une minorité de mener une existence dissipée en occupations extérieures. Combien peu réussiront, notamment, dans les fonctions libérales dont tant d'hommes font le siège, eux aussi, sans succès et sans profit! La médecine et surtout le barreau réservent aux futures doctoresses plus de déboires que d'affaires et de clients. Si même, par malheur, le sexe féminin arrivait à prendre pied solidement dans les positions que nous occupons en maîtres, nous estimons qu'il n'aurait guère à s'en féliciter. Ne verrait-on pas alors se multiplier le nombre des maris parasites vivant du travail de leurs femmes? Trop nombreux sont déjà ces hommes méprisables entre tous, depuis le gentilhomme ruiné qui redore son blason avec la dot d'une roturière, jusqu'à l'ignoble Coupeau qui mange, en bombances malpropres, le gain de Gervaise la blanchisseuse. L'histoire atteste que là où les femmes font la besogne des hommes, ceux-ci traînent dans l'oisiveté et la dépravation une existence inutile et despotique.
Que si, enfin, ces prévisions à longue échéance paraissaient excessives ou aventureuses, on nous concédera, au moins, que tout progrès réalisé par la femme dans la voie de l'égalité économique et sociale, avivera la lutte pour la vie entre les deux moitiés de l'humanité. Chaque droit qu'elle aura conquis nous déchargera d'une partie de nos devoirs envers elle. Tolstoï l'a dit avec esprit: «C'est parce qu'on leur refuse des droits égaux à ceux des hommes, que les femmes, comme des reines puissantes, tiennent dans l'esclavage... les neuf dixièmes de l'humanité.» Mais dès que l'égalité sera rétablie et la bataille imprudemment commencée, j'ai l'idée que la brutalité masculine aura beau jeu. Qui sait si, habitué à voir dans la femme, non plus un être faible à protéger, mais une concurrente à redouter et une rivale à combattre, l'homme ne lui fera pas payer en rudesse ce qu'elle aura gagné en indépendance? C'est pourquoi nous la supplions de ne point se précipiter à l'assaut des carrières viriles par bravade ou par vanité, et de ne marcher sur les brisées des hommes qu'autant que la nécessité l'y contraindra. Hors d'une situation à conquérir pour soutenir le poids de la vie, ses ambitions inconsidérées lui vaudraient peut-être de dures représailles. Où l'âpre concurrence commence, la douce urbanité finit.
TABLE DES MATIÈRES
PAGES
[AVERTISSEMENT] AU LECTEUR
[LIVRE I]TENDANCES ET ASPIRATIONS FÉMINISTES
[CHAPITRE I]L'esprit féministe
[I.]--Ce que la féminisme pense de l'assujettissement et de
l'imperfection de la femme moderne.--A qui la faute?--Symptômes
d'émancipation. 1
[II.]--Genèse de l'esprit féministe en France.--Son but.--Rêves
d'indépendance. 4
[III.]--Les doléances du féminisme et «les droits de la femme». Notre
plan et notre division. 6
[CHAPITRE II]Tendances d'émancipation de la femme ouvrière
[I.]--D'où vient le féminisme?--Son origine américaine.--Ses
tendances diverses. 10
[II.]--Affaiblissement de la moralité du peuple.--L'ouvrier ivrogne
et débauché.--Pauvre épouse, pauvre mère! 12
[III.]--Difficultés croissantes de la vie.--La main-d'oeuvre et
l'épargne de l'ouvrière. 15
[CHAPITRE III]Tendances d'émancipation de la femme bourgeoise
[I.]--Portraits, d'aïeules.--Nos grand'mères et nos filles.--La
Parisienne et la Provinciale. 17
[II.]--Les émancipées sans le savoir.--La faillite du mari. 20
[III.]--Les jeunes filles de la petite et de la haute
bourgeoisie.--Soucis d'avenir des premières, goûts d'indépendance
des secondes; hardiesse et précocité des unes et des autres. 22
[IV.]--Les fautes de l'homme.--La femme lui prend ses idées
d'indépendance. 24
[CHAPITRE IV]Tendances d'émancipation de la femme mondaine
[I.]--Les outrances du théâtre et du roman.--Le monde où l'on
s'amuse.--Le féminisme exotique et jouisseur. 27
[II.]--La femme oisive et dissipée.--Ce qu'est la mère, ce que sera
la fille. 29
[III.]--Demi-vierge et demi-monstre.--Où est l'éducation familiale
d'autrefois? 31
[CHAPITRE V]Tendances d'émancipation de la «femme nouvelle»
[I.]--Les professionnelles du féminisme sont de franches
révoltées.--Le prolétariat intellectuel des femmes. 33
[II.]--Nouveautés inquiétantes de langage et de conduite.--La femme
«libre».--État d'âme anarchique. 35
[CHAPITRE VI]Modes et nouveautés féministes
[I.]--Le féminisme opportuniste.--Son programme.--Sports virils.--Ce
qu'on attend de la bicyclette. 39
[II.]--La question de la culotte et du corset.--Pourquoi le costume
féminin se masculinise.--Exagérations fâcheuses. 42
[III.]--La femme a tort de copier l'homme.--Qu'est-ce qu'une belle
femme? 47
[LIVRE II]GROUPEMENTS ET MANIFESTATIONS FÉMINISTES
[CHAPITRE I]Le féminisme révolutionnaire
[I.]--Les groupements féministes d'aujourd'hui.--Prétentions
collectivistes.--Point d'émancipation féministe sans révolution
sociale. 51
[II.]--Schisme entre les prolétaires et les bourgeoises.--Les
intérêts de l'ouvrier et les intérêts de l'ouvrière. 55
[CHAPITRE II]Le féminisme chrétien
[I.]--La Bible des hommes et la Bible des femmes.--L'esprit
catholique et l'esprit protestant. 59
[II.]--Rudesse des Pères de l'Église envers l'Ève pécheresse.--Le
Christ fut compatissant aux femmes.--Sa religion les réhabilite
et les ennoblit. 62
[III.]--Le féminisme intransigeant est un renouveau de l'esprit
païen.--L'égalité humaine et la hiérarchie conjugale. 66
[IV.]--Double courant des idées chrétiennes.--Tendances catholiques
et protestantes favorables à la femme.--Féminisme qu'il faut
combattre, féminisme qu'il faut encourager.--Organes du féminisme
chrétien. 70
[CHAPITRE III]Le féminisme indépendant
[I.]--Point de compromission avec le socialisme ou le
christianisme.--Les hommes féministes.--Leurs fictions
poétiques.--La femme des anciens temps. 75
[II.]--Le matriarcat.--Ce qu'en pensent les féministes; ce qu'en
disent les sociologues. 78
[III.]--La femme libre d'autrefois et la dame servile
d'aujourd'hui.--Opinions de quelques notables écrivains.--Leurs
exagérations littéraires. 81
[IV.]--Les droits de l'homme et les droits de la femme.--Ce que la
femme peut reprocher à l'homme. 83
[CHAPITRE IV]Nuances et variétés du féminisme «autonome»
[I.]--Les modérées et les habiles.--La droite libérale. 88
[II.]--Les intellectuelles et les propagandistes.--Le centre
féministe. 90
[III.]--Les radicales et les libres-penseuses.--Le parti
avancé.--L'extrême-gauche intransigeante.--Effectif total des
différents groupes. 92
[CHAPITRE V]Manifestations et revendications féministes
[I.]--Tentatives d'association nationale et internationale.--Causes
diverses de force et de faiblesse.--Les trois congrès de 1900. 97
[II.]--La Droite féministe.--Congrès catholique.--Premier début du
féminisme religieux. 100
[III.]--Le Centre féministe.--Congrès protestant.--Moins de bruit
que de besogne. 103
[IV.]--La Gauche féministe.--Congrès radical-socialiste.--Tendances
audacieuses. 105
[V.]--Que penser de ces divisions?--En quoi le féminisme peut être
dangereux et malfaisant.--Complexité du problème féministe.--Notre
devise. 109
[LIVRE III]ÉMANCIPATION INTELLECTUELLE DE LA FEMME
[CHAPITRE I]Les ambitions féminines
[I]--La femme nouvelle veut être aussi instruite que
l'homme.--L'égalité des intelligences doit conduire à l'égalité
des droits. 115
[II.]--Coup d'oeil rétrospectif.--Ce que les XVIIe et XVIIIe
siècles ont pensé de la femme.--Le passé lui fut dur.--Réaction
du présent. 119
[III.]--Ce que sera la femme de l'avenir.--Nos principes
directeurs.--La division du travail et la différenciation des
sexes.--L'égalité morale dans la diversité
fonctionnelle.--Subordination de l'individu au bien général de
la famille et de l'espèce. 122
[CHAPITRE II]A propos de la capacité cérébrale de la femme
[I.]--Les variations de l'anthropologie.--Le cerveau de la femme
vaut-il celui de l'homme?--Crâniométrie amusante. 130
[II.]--Les savants se réservent.--Une forte tête ne se connaît bien
qu'à ses oeuvres. 133
[CHAPITRE III]S'il est vrai que les hommes aient fait preuve de supériorité
intellectuelle
[I.]--L'intelligence moyenne des deux sexes s'égale et se
vaut.--L'instruction peut elle accroître les aptitudes et les
capacités de la femme?--Est-il exact de dire que les âmes n'ont
point de sexe? 137
[II.]--De la primauté historique de l'homme.--Le génie est
masculin.--L'esprit créateur manque aux femmes.--Où sont leurs
chefs-d'oeuvre. 142
[III.]--Le génie et la beauté.--A chacun le sien.--Les deux moitiés
de l'humanité. 147
[CHAPITRE IV]Psychologie du sexe féminin
[I.]--Du tempérament féminin.--Impressionnabilité nerveuse et
sensibilité affective.--La perception extérieure est-elle moins
vive chez la femme que chez l'homme?--Sentiment, tendresse,
amour. 152
[II.]--Vertus et faiblesses du sexe féminin.--Les femmes sont
extrêmes en tout.--Pitié, dévouement, religion.--La femme
criminelle.--Coquetterie et vanité. 156
[III.]--Petits sentiments et grandes passions.--La volonté de la
femme est-elle plus impulsive que la nôtre?--Indécision ou
obstination.--Le fort et le faible du sexe féminin. 162
[CHAPITRE V.]L'intellectualité féminine
[I.]--Caractères prédominants de l'intelligence féminine: intuition,
imagination, assimilation, imitation. 165
[II.]--Ce qui manque le plus aux femmes: un raisonnement ferme,
les idées générales, le don d'abstraire et de synthétiser. 170
[III.]--D'un sexe à l'autre, il y a moins inégalité que diversité
mentale.--Par où l'intelligence féminine est reine: les grâces
de l'esprit et le sens du réel. 176
[CHAPITRE VI]Ce qu'il faut penser des oeuvres intellectuelles de la femme
[I.]--Les arts de la femme: musique, peinture, sculpture,
décoration.--L'imitation l'emporte sur l'invention. 181
[II.]--Les sciences naturelles et les sciences exactes.--Heureuses
dispositions de la femme pour les unes et pour les
autres.--L'esprit féminin semble plus réfractaire aux sciences
morales. 183
[III.]--Et la littérature?--Supériorité de la femme dans la
causerie et l'épître.--Le style féminin.--A quoi tient
l'infériorité des femmes poètes? 186
[IV.]--Hostilité croissante des femmes de lettres contre
l'homme.--Action souveraine du public féminin sur la production
artistique et littéraire. 191
[V.]--Il n'y a pas, d'homme à femme, identité ni même égalité de
puissance mentale, mais seulement équivalence sociale.--Pourquoi
leurs diversités intellectuelles sont harmoniques. 195
[LIVRE IV]ÉMANCIPATION PÉDAGOGIQUE DE LA FEMME
[CHAPITRE I]S'il convient de mieux instruire les filles
[I.]--Le pour et le contre.--Double conception du rôle de la femme. 201
[II.]--Utilité d'une meilleure instruction de la femme pour
elle-même, pour le mari et pour les enfants. 204
[III.]--Qu'est-ce qu'une jeune fille instruite?--Quelques opinions
de femmes.--L'éducation féminine est trop souvent frivole et
superficielle. 207
[IV.]--Il faut inculquer à la jeune fille des goûts plus sérieux
et la mieux préparer aux devoirs de la vie et du mariage.--Avis
d'éducateurs célèbres. 211
[CHAPITRE II]Comment nous comprenons l'éducation moderne des jeunes filles
[I.]--L'éducation des filles doit être conforme aux destinées de la
femme.--Pourquoi?--Nos raisons.--Éduquer, c'est former une
personne humaine. 214
[II.]--Culture «rationnelle».--A propos de l'enseignement
secondaire des filles.--Voeu en faveur de l'instruction
professionnelle.--Écueils à éviter: l'inflation des études et
le surmenage des élèves. 217
[III.]--Culture «morale».--Après la formation de la raison, la
formation de la conscience et de la volonté.--Menus propos de
pédagogie féminine.--Idées nouvelles sur l'éducation des
filles.--La «dogmatique de l'amour».--Nos scrupules. 225
[IV.]--Culture «sociale».--Esprit nouveau de l'éducation moderne des
filles.--Où est le devoir des heureuses de ce monde?--Vieilles
objections: ce qu'on peut y répondre. 233
[V.]--Culture «religieuse».--L'âme des femmes et le besoin de
croire.--Le domaine de la foi et le domaine de la science.--Si
l'instruction est un danger pour la religion et la moralité des
femmes.--A quelles conditions le savoir sera profitable à la
piété et à la vertu des filles. 244
[CHAPITRE III]De l'instruction intégrale
[I.]--Le programme du féminisme radical.--Variantes
habiles.--Instruction ou éducation? 251
[II.]--Idées collectivistes.--Idées anarchistes.--Appel à la
sociale et à la mécanique. 255
[III.]--L'instruction peut-elle s'étendre à toute la jeunesse et
à toute la science?--Raisons d'en douter.--Ce qu'il y a de bon
dans l'idéal de l'instruction pour tous. 259
[IV.]--L'instruction intégrale des femmes doit-elle être laïque?
gratuite? obligatoire?--Défense des femmes chrétiennes! 263
[V.]--Illusions et dangers de l'instruction à «base
encyclopédique»--L'instruction intégrale a-t-elle quelque vertu
éducatrice?--La foi en la science.--La religion de la beauté. 267
[VI.]--Notre formule: l'instruction complète pour les plus capables
et les plus dignes.--Point de baccalauréat pour les
filles.--Conclusion. 271
[CHAPITRE IV]La coéducation des sexes
[I.]--La coéducation intégrale préconisée par la Gauche
féministe.--Coéducation familiale.--Coéducation primaire. 274
[II.]--Coéducation secondaire.--Le «collège mixte» des
États-Unis.--Ce que vaut le mot, ce que vaut la chose. 276
[III.]--Côté moral--Témoignages contradictoires.--Ce qui est
possible en Amérique est-il désirable en France?--Inconvénients
probables.--L'âge ingrat.--Contacts périlleux.--Pour et contre la
séparation des sexes. 279
[IV.]--Côté mental.--Développement inégal de la fille et du
garçon.--Psychologie du jeune âge.--La crise de puberté. 287
[V.]--Les programmes respectifs de l'enseignement masculin et de
l'enseignement féminin.--Convient-il de les unifier?--La
coéducation intégrale est un symbole féministe.--Déclarations
significatives. 291
[VI.]--Coéducation supérieure et professionnelle.--Est-elle une
nécessité?--Accession des jeunes filles aux cours des
Universités.--Ce qu'il faut en penser. 296
[CHAPITRE V]Les conflits de l'esprit et du coeur
[I.]--Dangers d'une instruction inconsidérée.--La faculté de
comprendre et la faculté d'aimer.--L'intellectualisme féminin et
le mariage. 303
[II.]--La femme savante et les soins du ménage et du foyer.--Adieu
la bonne et simple ménagère! 307
[III.]--Moins de mariages et plus de vieilles filles.--Le divorce
des sexes.--Clubs de femmes.--Point de séparatisme!--Ce que
l'individualisme des sexes ferait perdre à l'homme et à la femme. 309
[IV.]--L'émancipation intellectuelle et la maternité.--Instruction
et dépopulation. 314
[CHAPITRE VI]Les infortunes de la femme savante
[I.]--L'instruction et ses débouchés insuffisants.--Mécomptes et
déceptions. 318
[II.]--Surmenage cérébral et débilité physique.--Inégalité des
forces de l'homme et de la femme. 321
[III.]--L'instruction ne donne pas le bonheur.--Les épines de la
science.--Lamentables confidences.--Le savoir et la vertu. 324
[CHAPITRE VII]Instruisez-vous, mais restez femmes
[I.]--Tant vaut la femme, tant vaut l'homme.--Supériorité morale
du sexe féminin sur le sexe masculin.--Beauté et bonté. 330
[II.]--Ce qu'a produit la vieille éducation française.--L'antagonisme
des sexes est antisocial et antihumain. 334
[III.]--Le vrai et utile féminisme.--Régénération sans révolution. 337
[LIVRE V]ÉMANCIPATION, ÉCONOMIQUE DE LA FEMME
[CHAPITRE I]La question du pain quotidien
[I.]--Aspects économiques de la question féministe.--Aggravation
de la loi du travail pour la femme du peuple ou de la petite
bourgeoisie. 342
[II.]--Point d'accroissement d'instruction sans accroissement
d'ambition.--Il faut des places aux diplômées. 344
[III.]--Débouchés ouverts à l'activité des femmes.--Le
mariage.--Le couvent.--La femme pasteur. 346
[IV.]--Plaidoyer pour les vieilles filles.--Leur condition
pénible et effacée.--La dévotion leur suffit-elle? 350
[CHAPITRE II]Du rôle social de la femme
[I.]--Charité religieuse et charité laïque.--Le féminisme
philanthropique. 355
[II.]--Fonctions d'assistance qui reviennent de droit au sexe
féminin.--Le relèvement de la femme par la femme. 359
[III.]--La question des domestiques.--Doléances des
maîtres.--Doléances des servantes. 361
[IV.]--L'ouvrière des villes et la mutualité.--Misère à
soulager.--Moralité à sauvegarder.--Aide-toi, la charité
t'aidera! 365
[V.]--Appel aux riches.--L'assistance publique et l'assistance
privée.--Les devoirs de l'heure présente: le devoir social et
le devoir patriotique. 369
[CHAPITRE III]Doctrines révolutionnaires
[I.]--Aspirations socialistes et anarchistes.--La famille menacée
par les unes et par les autres.--Identité de but, diversité de
moyens. 375
[II.]--Doctrine collectiviste.--L'indépendance de la femme
future.--Notre ennemi, c'est notre maître. 378
[III.]--L'ouvrière se convertira-t-elle au socialisme?--Raisons
de douter.--Inconséquences du prolétariat masculin. 380
[IV.]--Doctrine anarchiste.--La liberté par la diffusion des
lumières.--Le «réactionnaire» Voltaire. 383
[V.]--Encore l'instruction «intégrale».--L'avenir vaudra-t-il le
passé?--La femme sera-t-elle plus honnête et plus heureuse? 385
[CHAPITRE IV]L'économie chrétienne
[I.]--Le socialisme chrétien.--Dissentiments irréductibles entre
la Révolution et l'Église. 388
[II.]--L'homme à la fabrique et la femme au foyer.--La famille
ouvrière dissociée par la grande industrie.--Interdiction pour
la femme de travailler à l'usine. 390
[III.]--Exception en faveur du travail domestique.--Cette
exception est elle justifiée?--Pourquoi les prohibitions
catholiques sont malheureusement impraticables. 392
[CHAPITRE V]Ce que les hommes pensent du travail des femmes dans l'industrie
[I.]--Notre idéal pour l'avenir.--Nos concessions pour le
présent.--Point de théories absolues.--Il faut vivre avant tout. 398
[II.]--Restrictions apportées au travail féminin dans l'intérêt de
l'hygiène et de la race.--Théorie de la femme malade: ce qu'elle
contient de vrai. 401
[III.]--Aperçu des réglementations de la foi française relatives au
travail des femmes dans l'industrie.--Leurs difficultés
d'application.--Leur nécessité, leur légitimité. 404
[CHAPITRE VI]Ce que les femmes pensent de la condition de l'ouvrière
[I.]--Infériorité regrettable de certains salaires féminins.--Ses
causes.--Le travail des orphelinats et des prisons.--Griefs à
écarter ou à retenir.--Solutions proposées. 408
[II.]--Inégalité des salaires de l'ouvrière et de
l'ouvrier.--Doléances légitimes.--A travail égal, égal salaire
pour l'homme et pour la femme. 415
[III.]--Protection de la mère et de l'enfant nouveau-né.--OEuvres
privées.--Intervention de l'État.--Une proposition excessive:
hospitalisation forcée de la femme enceinte. 418
[IV.]--Protestation de tous les groupes féministes contre la loi
de 1892.--La réglementation légale fait-elle à l'ouvrière plus
de mal que de bien? 424
[V.]--Pourquoi le féminisme ne veut plus de lois de
protection.--Un même régime légal est-il possible pour les deux
sexes? 430
[CHAPITRE VII]La concurrence féminine
[I.]--La femme ouvrière ou employée.--Protection de la
main-d'oeuvre féminine.--Accord des prescriptions françaises avec
les déclarations papales. 436
[II.]--La femme professeur.--Répétitions au rabais.--Condition
précaire et détresse cachée. 438
[III.]--La femme bureaucrate.--Emplois et fonctions qui conviennent
éminemment au sexe féminin. 440
[IV.]--La femme artiste.--La carrière théâtrale.--Les beaux-arts
et les arts décoratifs. 442
[CHAPITRE VIII]L'invasion des carrières libérales
[I.]--La femme soldat.--Concurrence peu redoutable pour les
hommes.--Manifestations pacifiques.--Association des femmes
françaises pour la paix universelle.--Un bon conseil. 446
[II.]--La femme médecin.--Son utilité en France et dans les
colonies. 452
[III.]--La femme avocat.--Revendications logiques.--Opposition des
tribunaux.--Attitude du barreau. 455
[IV.]--Objections plaisantes opposées à la femme avocat.--Leur
réfutation. 460
[V.]--La femme magistrat.--Innovation périlleuse.--La femme a-t-elle
l'esprit de justice? 463
[CHAPITRE IX]Le féminisme colonial
[I.]--Encombrement de tous les emplois dans la
mère-patrie.--Émigration des femmes aux colonies. 469
[II.]--La Française est trop sédentaire.--Pas de colonisation sans
femmes.--Les appels de l'«Union coloniale». 470
[III.]--Conclusion.--Est-il à craindre que l'émancipation économique
dénature et enlaidisse la Française du XXe siècle?--Résistances
masculines.--Avis aux femmes. 473
IMPRIMERIE FR. SIMON, RENNES.