IV
Ma jeunesse...
Je n’ai pas eu de jeunesse.
C’est ce qui m’attriste le plus, quand j’y songe.
A l’heure où les autres font briller leurs vingt ans au soleil comme de belles pièces d’or neuves, à l’âge où toutes les têtes ont des délires, où toutes les poitrines ont des chansons, où les yeux et les mains se cherchent dans une atmosphère d’amour,—j’étais déjà assis sur le rond de cuir de l’employé.
Or, il n’arrive rien sur les ronds de cuir.
De même que j’avais été un sage enfant, je suis resté un sage jeune homme.
Je n’ai pas eu de dettes.
Je n’ai pas eu de maîtresses.
J’ai aimé—dans les livres seulement.
J’ai regardé passer le plaisir,—de ma fenêtre, ouverte les dimanches soirs.