V

Il danse.

Il appelle cela danser.

Avec ses grands bras et ses grandes jambes il a vite fait d’organiser le vide autour de lui.

Enveloppant sa danseuse d’une étreinte enthousiaste, il s’avance avec elle, en imprimant à sa botte gauche des balancements égaux.

Puis, il la rejette brusquement aux bras de son vis-à-vis.

Il passe en cinq minutes par toutes les nuances du vertige et de l’indifférence, de la furie et du dédain.

Il marche,—il bondit.

Il ondule comme un navire, il tourne comme un moulin à vent, il piaffe comme un cheval.

Et le cavalier seul!

Les mains brandies, le talon épileptique, la voix luttant avec l’orchestre, l’œil plein de gaz et de sang.

Il se tord en sautant, et saute en se tordant.

Il se jette à plat ventre,—et il se relève.

Et, en se relevant, il imite le geste gracieux d’un homme qui offre une rose à sa danseuse.