VII
Il me serait peut-être arrivé quelque chose si je m’étais marié.
Que l’on ne prenne pas cela pour un mot de vaudeville.
Mais je ne me suis pas marié.
Je n’ai pas osé.
Alors, le hasard s’est détourné de moi tout à fait, et j’ai été comme oublié dans la vie.
L’accident lui-même m’a dédaigné.
Pas de pot de fleurs tombant sur ma tête!
Pas de querelle au café!
Pas de montre volée!
Les voyages m’auraient bien séduit; mais où aller? A quelle contrée donner la préférence? Pourquoi l’Italie plutôt que l’Espagne? Et pourquoi pas le Frangistan.
L’indécision m’a cloué sur place.
Et maintenant, quand un désir de locomotion s’empare trop vivement de moi, j’étends la main vers les trois ou quatre rayons qui forment ma bibliothèque.
Je prends et je relis mes deux ouvrages préférés.
L’un est le Voyage autour de ma chambre, par le comte Xavier de Maistre.
L’autre, plus modeste encore, et sans nom d’auteur, est le Voyage dans mes poches.