LE PREMIER DEVOIR DE LA FEMME

On reproche aux femmes de s’occuper trop de leur beauté, d’user le temps dans le soin minutieux d’elles-mêmes.

Ce reproche tombe à faux.

Le premier devoir de la femme est de plaire à l’homme, de le gagner d’abord, de le garder ensuite. Elle sent que c’est la grande tâche qui lui est dévolue, que sa vie doit être faite par l’amour, que son bonheur en dépend. C’est ici que se joue sa partie ; c’est ici qu’il faut vaincre ou mourir.

Le reste ?… le reste est accessoire.

Les femmes qui dépensent toute leur activité sur d’autres champs, dans les œuvres charitables, aux cours, dans les arts si improprement appelés d’agrément, sont des femmes à qui l’amour a manqué, qui ont perdu l’homme qu’elles aimaient ou qui n’ont pas rencontré celui qui aurait été à lui seul une raison suffisante de vivre. Si elles avaient ce qu’elles désirent (souvent inconsciemment) comme elles quitteraient malades et livres, et travail ! Ne l’ayant pas, elles cherchent à s’étourdir et se créent des buts artificiels.

Plaignons-les, sauf quand elles affectent de mépriser l’amour. Nous ne sommes pas dupes alors, disons-le, de leurs manières hautaines, de ce détachement qualifié par elles de supérieur.


Quelle religion a jamais demandé à la femme plus de sacrifices que la coquetterie ?

Aucune religion en a-t-elle obtenu de plus grands ? Corsets serrés, talons hauts, cols qui étouffent, robes incommodes, chapeaux énormes, vous valez tous les cilices et toutes les mortifications. Mais comme la femme fait joyeusement ces sacrifices au seul dieu qui existe pour elle : sa beauté !


Il y a chez certaines femmes le désir inconscient d’imiter l’homme pour mieux lui plaire. Elles essaient de se rapprocher de lui pour le gagner plus sûrement. Elles développent en elles le goût du sport, des exercices violents, ou de l’intelligence et des travaux sérieux. Elles font un faux calcul. L’homme recherche dans la femme ce qu’il n’a pas lui-même, les qualités qui sont proprement féminines. L’homme le plus viril désirera la femme la plus essentiellement femme. Il est vraisemblable que le sportsman tombera amoureux d’une femme inhabile au sport et que l’homme sérieux préférera une femme frivole.