II

Je possède plus d’une soixantaine de lettres et billets à moi adressés par Verlaine.

Je choisis parmi eux cette lettre des plus touchantes:

Paris, le *** mars 1895.

«Cher monsieur et cher poète,

«J’ai lu et peut-être avez-vous lu dans le... d’aujourd’hui, sous la signature... une ligne où votre nom et le mien étaient rapprochés dans une intention désagréable pour vous. Je m’empresse de vous assurer de toute la peine que m’a faite cette lecture. Vous connaissez trop mes sentiments de si haute estime à l’égard du vrai poète que vous êtes pour que, sans attacher quant à ce qui vous concerne la moindre importance à de pareils coups d’épingle, vous puissiez douter un instant du véritable ennui que m’a causé ce bout d’article.

«Je n’ai pas voulu que la journée s’écoulât sans vous témoigner à nouveau ma sincère et profonde sympathie littéraire, en même temps que les sentiments d’affectueuse gratitude de votre tout dévoué

«P. Verlaine.»