III

A peine ai-je compris, ô Minerve d'Athène,

La pensée enfermée en ton front radieux.

Qu'es-tu? Qu'enseignes-tu, Vierge pure et hautaine?

Vois, mon âme est fervente et pourtant incertaine...

Découvre à mes regards ton sens mystérieux.

Toi que l'Amour jamais n'a trouvée accessible,

Toi dont le sang jamais sous ses dards n'a coulé,

Es-tu la Pureté, ferme, austère, inflexible,

Qui sur les chastes mœurs, sur le foyer paisible,

Pose des peuples forts l'empire inébranlé?

Mais n'es-tu pas, ô toi qu'invoquait Praxitèle,

Du génie enflammé l'étincelle de feu?

Dans ses moindres débris ton Parthénon révèle

Un tel souci du Beau, que nul peuple fidèle

N'offrit pareil présent en hommage à son Dieu.

Oh! si tu descendais de ta lointaine cime,

Dans le vide et la nuit las enfin de crier,

Nous courberions nos fronts sous ta règle sublime.

Vois, tous nos dieux brisés ont glissé dans l'abîme,

Pourtant nous ne pouvons désapprendre à prier.

Il s'éteint sans écho, le blasphème farouche

Par ce siècle hardi lancé contre le ciel.

La grâce du divin nous attire et nous touche,

L'infini nous reprend... Nous fermons notre bouche,

Mais notre cœur charmé chante un hymne éternel.

Minerve, c'est pourquoi les hommes de notre âge,

Las de leurs durs travaux, s'émeuvent à ton nom.

Dans nos songes troublés vient flotter ton image,

Et l'incrédule aussi, qui se croit le plus sage,

Pleure, et baise, incliné, le seuil du Parthénon.