A L’IDÉAL

Combien de cris encor me feras-tu pousser

Avant que le vaisseau de la mort ne m’emporte ?

Que les chiens du malheur hurlent devant ma porte,

Idéal, dans mon cœur, rien ne peut t’émousser !

Le vent rit. Les steamers rapides vont hisser

Les pavillons joyeux à leur mâture forte ;

Comme les goélands, nous leur ferons escorte,

Nos rêves sur les grands océans vont danser.

O vols sacrés fuyant loin de l’heure présente !

L’imagination ouvre une aube enivrante,

Les beaux cieux de l’esprit s’entr’ouvrent, éclatants.

Et nous contemplerons, superbes ou tragiques,

Sur les Bleus Saharas des mouvants Atlantiques

Les lointains fabuleux de l’espace et du temps.