MATIN DEVANT LA MER
Au soleil du matin, sous l’azur émouvant,
Les flots sont couronnés de hautes crêtes blanches,
Le vent jusqu’à la mer porte l’odeur des branches ;
On voudrait de tels jours d’ivresse plus souvent.
Ainsi que la frégate, ivre, au soleil levant,
De l’horizon qui flambe et de la mer qui chante,
L’esprit prend son essor et d’une aile vibrante,
Monte vers l’idéal et les cieux en rêvant.
Rien ne vaut ce voyage enivrant et sonore,
Au pays du soleil, au pays de l’aurore,
Quand chante aux mille bords de ses îles la mer.
Rien ne vaut ce départ vers les sphères sublimes
Où le rêveur revoit planer son rêve fier
Entre le double azur du ciel et des abîmes.