NUIT DU ONZE AVRIL 191.
Arcturus sur le mont semble un feu de berger.
Sirius à pas lents suit Orion qui chasse.
L’Ourse erre autour du pôle étincelant de glace.
Aldébaran bientôt dans la mer va plonger.
Les Centaures ont lui, la Croix bénit l’espace ;
Et le charme est si pur sous le grand oranger,
Que vingt fois je reviens sur la haute terrasse,
Voir du fond de la nuit les astres émerger.
Miracle étincelant d’une voûte étoilée !
Vains désespoirs, sombrez au fond de la vallée,
Toi, rêve aérien, monte comme Altaïr !
Pour aimer dignement vos splendeurs magnifiques,
Que ne suis-je au sommet d’un piton de saphir,
O constellations mouvantes des tropiques !