LA FENÊTRE
Je veux chanter la chambre ouverte à l’alizé ;
Par sa large fenêtre on peut voir la montagne,
Des bois et des vallons, la lointaine campagne,
Où chaque arbuste en fleur forme un îlot rosé.
On voit aussi la mer, flot calme ou flot brisé,
De larges vols d’oiseaux que le vent accompagne,
Un horizon plus bleu que celui de l’Espagne,
Et les mille splendeurs du couchant embrasé.
Dans le ciel exigu qu’encadre la croisée,
La nuit sombre et la nuit brillante de rosée
Se révèlent soudain dans toute leur fraîcheur.
Et dans le rose azur d’une naissante aurore,
Je regarde rougir la voile d’un pêcheur,
Pâlir la Croix du Sud et mourir les Centaures.